En avril 2020, Sarah Bristow, une Britannique aujourd’hui âgée de 31 ans, a frôlé l’amputation de sa jambe gauche après avoir développé une réaction allergique rare à un médicament anticoagulant prescrit pendant sa grossesse. Diagnostiquée pour une thrombose veineuse profonde, elle se voit administrer de la daltéparine — un traitement courant — avant de voir sa jambe noircir et se nécroser. C’est en forçant la porte des urgences, contre l’avis initial de son médecin traitant, qu’elle a probablement sauvé son membre.
En bref
- —Enceinte de 3 mois, elle reçoit un anticoagulant courant pour une thrombose
- —Sa jambe gauche se nécrose à cause d’une allergie rare au médicament
- —Opération réussie, mais séquelles durables et syndrome post-traumatique
Avril 2020 : une grossesse interrompue par un caillot sanguin
En avril 2020, à Hadlow, dans le Kent en Angleterre, Sarah Bristow entame son troisième mois de grossesse. Tout se déroule normalement jusqu’à l’apparition de certains symptômes qui l’amènent à consulter.

Les médecins lui diagnostiquent alors une thrombose veineuse profonde : un caillot sanguin formé dans le réseau veineux d’un membre, qui bloque totalement ou partiellement la circulation sanguine. Une complication connue pendant la grossesse, qui nécessite une prise en charge rapide.
Pour traiter cette thrombose, Sarah se voit prescrire de la daltéparine, un anticoagulant antithrombotique classiquement utilisé dans ce type de cas. Le médicament lui est administré par injection directement dans la jambe. Rien, à ce stade, ne laisse présager ce qui va suivre.
Une jambe qui noircit, un médecin qui minimise
Peu après le début du traitement, Sarah commence à éprouver de grandes difficultés à marcher. Elle constate surtout que sa jambe gauche prend progressivement une couleur noire, un signe visuel alarmant qu’elle ne peut ignorer.

Elle contacte son médecin traitant. Celui-ci n’y voit pas d’urgence et se contente de lui prescrire des antalgiques, des médicaments contre la douleur, sans approfondir le diagnostic.
Sarah choisit de ne pas s’en tenir à cet avis. Face à la dégradation visible de son état, elle décide de se rendre directement aux urgences de l’hôpital. Une décision qui, selon toute vraisemblance, lui a évité le pire.
La thrombose veineuse, un risque connu pendant la grossesse
La thrombose veineuse profonde est une complication connue de la grossesse : les modifications hormonales et la compression des vaisseaux augmentent le risque de formation de caillots. La daltéparine, un anticoagulant de la famille des héparines de bas poids moléculaire, est l’un des traitements de référence dans ce contexte. Les réactions allergiques graves à cette molécule restent rares, mais documentées.
Nécrose et risque d’amputation : le diagnostic des urgences
Aux urgences, les médecins posent un diagnostic bien plus grave : Sarah souffre d’une hypersensibilité médicamenteuse à la daltéparine, une réaction allergique à médiation immunitaire, qualifiée de très rare. Cette réaction a provoqué une nécrose de sa jambe gauche — c’est-à-dire une mort cellulaire locale, souvent déclenchée par une infection.

L’hypersensibilité médicamenteuse ne présente pas de symptômes fixes. Selon les informations rapportées dans la source, ses manifestations peuvent aller d’une simple éruption cutanée à des formes bien plus graves, comme une anaphylaxie, avec une sévérité très variable.
Face à l’étendue des dégâts, les médecins ont pour obligation d’informer Sarah d’une issue possible : l’amputation. Avant d’envisager cette option, ils tentent une intervention chirurgicale pour retirer la nécrose. L’opération réussit, et la jambe est sauvée.
Greffes, séquelles et engagement : la vie après l’opération
L’opération initiale n’est pas la dernière. Sarah subit ensuite d’autres interventions : une greffe de peau et la pose d’un dispositif médical destiné à empêcher le déplacement des caillots sanguins.

Les conséquences psychologiques et physiques sont durables. La jeune femme développe un syndrome de stress post-traumatique. Sur le plan sensoriel, elle souffre notamment d’une absence de sensations au chaud et au froid dans sa jambe, parmi d’autres séquelles.
Depuis cette épreuve, Sarah s’est engagée dans la sensibilisation aux risques de la daltéparine, en particulier auprès de ses amies enceintes. Son témoignage vise à alerter sur les réactions allergiques rares que peut provoquer un médicament pourtant largement prescrit, et sur l’importance de ne pas minimiser des symptômes inhabituels pendant un traitement anticoagulant.
Sarah Bristow continue de témoigner publiquement de son expérience pour alerter d’autres femmes enceintes sur les risques d’hypersensibilité à la daltéparine. Des questions restent ouvertes sur la prise en charge initiale : dans quelle mesure les patients sous anticoagulants sont-ils informés des signes d’alerte d’une réaction allergique rare ? Le cas de Sarah illustre aussi l’enjeu d’une meilleure reconnaissance des symptômes atypiques par les médecins de ville, notamment face à une jambe qui noircit sous traitement.


