Dès l’automne, les loyers commencent à s’accumuler. La locataire invoque une dépression sévère qui plombe sa capacité à faire face à ses obligations financières. Un premier plan d’apurement est négocié avec le bailleur, mais Eva Grand ne parvient pas à le respecter pleinement. Son explication est directe : « Ma priorité, c’étaient mes enfants. »
Cette phrase résume l’arbitrage douloureux auquel elle dit avoir été confrontée — nourrir et protéger ses enfants au quotidien, ou honorer des échéances locatives que sa situation psychologique et financière rendait alors intenables. Un choix qui, sur le papier, se traduit en impayés ; dans les faits, en engrenage judiciaire.
Le bailleur, lui, pointe une réalité différente : les manquements répétés aux plans successifs ont rendu toute sortie amiable progressivement inopérante. L’impayé, antérieur au dégât des eaux, constitue selon lui le cœur du litige — et non ses conséquences.
C’est pourtant ce dégât des eaux survenu en juin 2024 qui va transformer une situation déjà fragile en rupture totale, précipitant la famille vers l’épreuve de force judiciaire de décembre 2025.

Le Dégât des Eaux, Point de Non-Retour : un Appartement Insalubre et des Travaux Fantômes
Juin 2024. Alors que la situation locative d’Eva Grand tient déjà à un fil, un dégât des eaux vient fracasser les dernières perspectives de sortie par le haut.
Le plafond cède, l’installation électrique est touchée. L’appartement, déjà fragilisé, bascule dans un état que la locataire qualifie d’insalubre. « L’eau avait tout fait péter », résume-t-elle. Une entreprise mandatée par le bailleur se déplace pour évaluer la situation — et repart sans intervenir, estimant le logement inaccessible. Les travaux ne seront jamais réalisés.
Face à cette impasse, Eva Grand prend une décision radicale : cesser tout paiement. Pour elle, la logique est implacable — régler un loyer pour un logement non entretenu et partiellement inhabitable dépasse l’entendement. Pour le bailleur, ce refus de paiement aggrave une dette déjà constituée bien avant l’incident.
La justice tranche en décembre 2025 sans ambiguïté : plus de 10 000 euros de dette sont officiellement actés, et l’expulsion prononcée. L’avis d’huissier tombe le 19 janvier 2026. Eva Grand se retrouve face à une décision judiciaire qui ne prend pas en compte — du moins à ses yeux — les conditions réelles de son logement.
Cette rupture totale entre les deux parties pose désormais une question centrale : qui peut encore intervenir pour éviter que cinq personnes se retrouvent sans toit ?
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