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17 septembre 2026
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Fillette philippine séquestrée dans l’Aude : la faille de la reconnaissance de paternité

Petite pièce sombre avec matelas au sol, évoquant une séquestration d'enfant
Image d’illustration © Toptenplay

C’est chez Guy C. qu’ils trouvent l’adolescente. Enfermée dans une pièce minuscule, amaigrie, elle n’a pas mis les pieds dans une école depuis son arrivée en France, deux ans plus tôt. Aucun médecin non plus. En revanche, Guy C. percevait des allocations de la CAF en tant que parent isolé.

Sur les supports numériques saisis, les enquêteurs découvrent des vidéos de l’enfant endormie, en sous-vêtements, avec des plans insistants sur son sexe. Selon plusieurs médias, des analyses capillaires révèlent des traces de somnifères, de cannabis et parfois de cocaïne dans son organisme. Devant les enquêteurs, l’adolescente dira se sentir comme un simple «jouet».

Aujourd’hui, la jeune fille a été confiée à l’Aide sociale à l’enfance dans un autre département. Elle est scolarisée, apprend le français et recommence lentement à vivre.

Une reconnaissance de paternité aux Philippines pour contourner la loi

Comment Guy C. a-t-il pu amener cette enfant en France ? En 2018, il l’a reconnue comme sa fille aux Philippines, devant un notaire local. Cette reconnaissance a ensuite été validée par l’ambassade de France. «Grâce à cette reconnaissance de paternité, signée auprès d’un notaire local et validée par l’ambassade de France, il a pu obtenir un passeport pour la fillette, et l’emmener dans l’Aude, en toute légalité», rapportent nos confrères, cités par Le Parisien.

Documents officiels tamponnés et passeport étranger sur un bureau, reconnaissance de paternité
Image d’illustration © Toptenplay

La procédure, en apparence administrative et ordinaire, a fonctionné comme un sésame. Une fois en France, l’enfant disparaît de tout radar : pas de scolarisation déclarée, pas de suivi médical, aucune alerte. Le système de protection de l’enfance n’a pas détecté sa présence.

C’est précisément cette faille que les enquêteurs cherchent désormais à documenter : la reconnaissance de paternité utilisée non pas pour établir un lien familial, mais comme outil d’importation d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle.

La reconnaissance de paternité, un acte peu contrôlé à l’étranger

En droit français, un ressortissant peut reconnaître la paternité d’un enfant né à l’étranger devant un notaire local, à condition que la démarche soit validée par l’ambassade de France compétente. Cette procédure, conçue pour protéger les liens familiaux légitimes, ne fait pas l’objet d’une vérification biologique systématique. Elle peut ainsi, selon les enquêteurs dans cette affaire, être détournée pour obtenir des documents de voyage au nom d’un enfant sans lien réel avec le déclarant.

La Team Moore, un signalement et cinq fillettes reconnues par Jérémy M.

L’affaire n’aurait peut-être jamais éclaté sans un signalement extérieur. Le 11 juin 2024, la Team Moore, collectif de citoyens qui traque les pédophiles en ligne, alerte le procureur de Narbonne sur un habitant de Port-Leucate. Cet homme croyait s’adresser à une mineure : il s’agissait d’un faux profil. «Il lui fait des propositions sexuelles et lui envoie des contenus pédopornographiques», raconte Neila Moore, fondatrice du collectif avec son compagnon Steven, au Parisien.

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