Les professionnels de santé pointent notamment le rôle de la désinformation sur les réseaux sociaux, qui a conduit à des inscriptions massives et souvent infondées au Registre national des refus. Des dizaines de milliers de personnes auraient ainsi refusé le don sur la base de fausses informations, réduisant d’autant le vivier de donneurs potentiels.
Don d’organes : comment le système fonctionne et pourquoi votre parole compte
En France, la loi consacre le principe du consentement présumé : tout adulte décédé est considéré donneur d’organes par défaut, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant en s’inscrivant au Registre national des refus ou en laissant un document écrit confié à un proche.

Dans les faits, les équipes médicales consultent systématiquement les proches du défunt afin de s’assurer de sa volonté. C’est pourquoi exprimer clairement sa position de son vivant reste essentiel : 74 % des Français se disent favorables au don de leurs organes, mais seulement 49 % en ont informé leur entourage. Ce décalage peut placer les familles dans une position de doute douloureux, au pire des moments.
Le régime diffère pour les mineurs : en cas de décès, le consentement de toutes les personnes investies de l’autorité parentale — parents ou tuteurs — est impérativement requis avant tout prélèvement. Le don d’organes demeure anonyme et gratuit, quelle que soit la situation.
La mort du petit Gabriel ne doit pas se réduire à un fait divers. Elle pose une question à chacun d’entre nous : avons-nous dit à nos proches ce que nous voulons pour nos organes ? Que l’on soit favorable ou opposé au don, exprimer sa position évite à sa famille de devoir trancher seule, dans l’urgence d’un deuil. En attendant que ce geste simple se généralise, des patients continuent de mourir dans des chambres d’hôpital, en espérant un appel qui ne vient jamais.
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