Car la véritable bataille se joue ailleurs. Le mouvement Grandir Sans Cancer, soutenu par plus de 80 associations et chercheurs, réclame un fonds de 18 millions d’euros pour la recherche pédiatrique. Un rapport parlementaire de 150 pages de la députée Martine Faure justifie point par point cette nécessité. La réponse gouvernementale tombe en novembre 2018 : 5 millions d’euros seulement. Le même jour, 20 millions sont alloués à un projet de chorale dans les écoles. L’événement ne fera même pas les journaux télévisés.
Seulement 3% de la recherche cancer concerne les enfants, tous cancers confondus. En 1962, la fille de Neil Armstrong succombait au GITC. Soixante ans après, la radiothérapie reste le seul traitement protocolaire. Aucune avancée véritable. On ignore toujours l’origine de cette tumeur, pourquoi elle frappe les 4-11 ans, combien d’enfants sont réellement atteints. Le cancer constitue pourtant la première cause de décès par maladie chez l’enfant : 2500 diagnostics par an, 500 décès, des chiffres qui stagnent depuis quinze ans.
Récemment, Zoé demandait comment c’était la Lune, ce que les mamies défuntes y faisaient. Puis elle s’est rassurée seule : « T’inquiète Zoé, t’es trop petite pour aller sur la lune. » Face à cette innocence déchirante, Emilie interroge : que répondrait Emmanuel Macron à Zoé, sachant le manque de volonté du gouvernement à s’engager dans cette cause capitale ? Une goutte d’eau dans le budget de l’État, mais un océan d’espoir pour ces familles qui se battent sans filet. Pour Zoé, pour tous ces guerriers malgré eux qui devraient simplement vivre leur vie d’enfants.
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