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24 octobre 2026
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Groupe sanguin et cancer: 25 ans de suivi de 18 244 hommes

Le groupe sanguin a été déterminé lors de cette prise de sang, grâce à un test standard, et non déclaré par les participants. L’analyse porte sur 18 069 hommes: 32 % étaient du groupe O, 31 % du groupe A, 27 % du groupe B et 10 % du groupe AB.

Jusqu’au 31 décembre 2013, le suivi a cumulé 355 797 personnes-années et recensé 3 973 cancers. Seuls 3,7 % des participants ont été perdus de vue et 3,3 % ont refusé les entretiens annuels, mais les chercheurs ont retrouvé leur situation via les registres du cancer et des décès.

3 973
C’est le nombre de cancers recensés chez les 18 244 hommes de la cohorte entre 1986 et fin 2013, dont 964 cancers du poumon, le plus fréquent.

Groupe B: un risque global de cancer plus faible que le groupe A

Par rapport au groupe A, le groupe B est associé à un risque de cancer toutes localisations confondues plus faible, avec un rapport de risque (HR) de 0,91 (intervalle de confiance à 95 %: 0,84 à 0,99). Pour les cancers digestifs, les groupes non-A affichent environ 20 % de risque en moins: HR de 0,83 pour l’ensemble du tube digestif, 0,80 pour l’estomac et 0,80 pour le côlon et le rectum.

Le groupe AB est lui aussi associé à un moindre risque de cancer digestif (HR 0,76) et de cancer de l’intestin (HR 0,68). Comparé au groupe O, le groupe A présente un risque un peu plus élevé d’estomac (HR 1,21) et colorectal (HR 1,18), mais ces écarts sont à la limite de la significativité.

Selon le type de cellules touchées, les groupes B et AB sont associés à un risque inférieur de 15 à 17 % de carcinome ou d’adénocarcinome par rapport au groupe A. Aucune association n’apparaît avec les sarcomes, lymphomes et leucémies.

Un lien suspecté depuis 1953

En 1953, Aird et ses collègues ont relevé une association entre le groupe sanguin A et le cancer de l’estomac, ce qui a lancé de nombreuses recherches. Les premières études ont été critiquées, notamment pour leurs séries hospitalières peu représentatives et leurs groupes de comparaison composés de donneurs de sang, parmi lesquels le groupe O pouvait être surreprésenté. Des cohortes prospectives étaient jugées nécessaires pour confirmer ces observations.

Foie, vessie, poumon: des résultats très différents selon l’organe

Pour le foie, le groupe AB est associé à un risque supérieur de 42 à 45 %. Le HR atteint 1,45 (intervalle de 1,04 à 2,04) face au groupe A. Les auteurs précisent que l’hépatite B chronique est le principal facteur causal du cancer du foie dans cette population et que cette association inédite doit être reproduite dans d’autres populations.

Pour la vessie, le groupe B présente un risque inférieur de 36 % à celui du groupe A (HR 0,64; intervalle de 0,42 à 0,98). Les groupes AB et O ont un risque comparable à celui du groupe A.

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