Trois personnes sont mortes et sept cas ont été recensés à bord du navire d’expédition MV Hondius, après l’apparition d’un foyer d’hantavirus lors d’une croisière reliant l’Argentine au Cap-Vert. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé deux cas par analyse en laboratoire, dont le virus Andes — une souche rare, particulièrement préoccupante en raison de sa capacité documentée à se transmettre entre humains. Pendant plusieurs jours, les 147 personnes à bord sont restées bloquées en mer dans l’attente d’une autorisation d’accostage.
En bref
- —3 morts : deux Néerlandais et une ressortissante allemande
- —La souche Andes peut se transmettre entre personnes proches
- —147 passagers bloqués en mer, évacuations d’urgence organisées
Trois morts, sept cas : la chronologie d’un foyer inexpliqué
Le MV Hondius, navire d’expédition battant pavillon néerlandais, a quitté le port d’Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026. À son bord : 88 passagers et 59 membres d’équipage, représentant 23 nationalités différentes, pour une croisière à destination du Cap-Vert.

Dix jours après le départ, un homme de nationalité néerlandaise décède à bord le 11 avril. Son épouse, également néerlandaise, débarque peu après à Sainte-Hélène. Elle rejoint l’Afrique du Sud, où elle meurt dans un hôpital le 26 avril. C’est son sang qui fournira la première confirmation en laboratoire : le virus Andes, une souche d’hantavirus.
Le 2 mai, une ressortissante allemande décède à son tour à bord. Trois morts en moins d’un mois, sur un même navire, pour une maladie aussi rare que l’hantavirus : l’alerte sanitaire devient inévitable.
Au 5 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé recense officiellement sept cas liés au MV Hondius — deux confirmés par analyse en laboratoire, cinq considérés comme suspects. Parmi les personnes encore à bord, un patient se trouve en état critique tandis que trois autres présentent des symptômes légers. L’OMS publie un bulletin d’alerte international, le DON599.
La souche Andes : la caractéristique qui change tout
Parmi la grande famille des hantavirus, la souche Andes occupe une place à part dans la littérature scientifique. Endémique d’Amérique du Sud — principalement en Argentine, au Chili et en Bolivie — elle est la seule souche documentée capable de se transmettre directement d’un humain à un autre, sans passer par un rongeur intermédiaire.

Cette caractéristique distingue fondamentalement la souche Andes des autres variants : dans la grande majorité des cas d’hantavirus recensés dans le monde, la transmission interhumaine est considérée comme exceptionnelle, voire absente. Pour la souche Andes, elle a été observée lors de précédents foyers en Amérique du Sud, principalement entre personnes partageant un espace de vie confiné.


