Les opérations de rapatriement ont concerné six pays européens ainsi que le Canada. Au 12 mai, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recensait 11 personnes atteintes — 9 cas confirmés et 2 cas probables — réparties dans 13 pays, dont la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Espagne et les États-Unis.
L’hantavirus Andes, une souche venue d’Amérique du Sud
Le virus des Andes est endémique en Amérique du Sud, principalement en Argentine, au Chili et en Bolivie, où il circule dans certaines populations de rongeurs sauvages. Il est habituellement transmis à l’homme par contact avec ces animaux ou leurs déjections, notamment lors d’activités en milieu rural ou forestier. Sa capacité de transmission interhumaine, exceptionnelle parmi les hantavirus, a été documentée pour la première fois dans des foyers familiaux en Patagonie dans les années 1990.
Le dispositif sanitaire français : décret, quarantaine et premier cas positif
Pour éviter toute diffusion du virus sur le territoire national, le gouvernement a publié au Journal officiel du 11 mai un décret en sept articles. Le texte place les passagers du MV Hondius ayant séjourné à bord entre le 1er avril et le 10 mai en quarantaine dans un établissement de santé, le temps d’une évaluation médicale et épidémiologique. Selon leur situation, ils peuvent ensuite être maintenus en quarantaine ou placés à l’isolement pour une durée totale maximale de 42 jours — durée correspondant à la période d’incubation maximale connue du virus.

Parmi les cinq ressortissants français rapatriés et hospitalisés à l’hôpital Bichat à Paris, une femme a été testée positive après que son état s’est dégradé. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé le 11 mai que les quatre autres patients restaient hospitalisés « jusqu’à nouvel ordre, au minimum 15 jours ». La France se dit par ailleurs prête à faire face à la situation « en termes de masques, de tests PCR et de médicaments ».
Le décret identifie également 22 cas contacts sur le territoire français : il s’agit des passagers des vols du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, puis entre Johannesburg et Amsterdam. Ces personnes sont tenues de se signaler sans délai aux autorités sanitaires et de respecter une quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection, devant intervenir sous 72 heures. Le texte prévoit des sanctions pénales en cas de non-respect de ces obligations.
Le virus des Andes : une souche unique à transmission interhumaine, mais limitée
Le pathogène en cause est le virus des Andes, une souche appartenant à la famille des hantavirus. Sa particularité absolue : c’est la seule parmi les 38 souches connues à avoir démontré une capacité de transmission de personne à personne, ce qui explique l’ampleur inhabituelle de ce foyer. Les autres souches d’hantavirus ne se transmettent qu’indirectement, par contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections.

Cette transmission interhumaine reste néanmoins étroitement conditionnée : elle requiert un contact physique direct et prolongé, un séjour dans un espace confiné avec un malade, ou une exposition à ses fluides corporels. La phase prodromique — les premiers jours de la maladie, avant l’hospitalisation — est considérée comme la période à risque maximal. Le virus provoque une pneumopathie sévère qui débute par des symptômes grippaux avant d’évoluer, dans les cas graves, vers un œdème pulmonaire potentiellement fatal. Son taux de létalité est estimé autour de 35 %.
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