
Le 6 avril, un premier passager, un ressortissant néerlandais âgé de 70 ans, présente des symptômes — fièvre, maux de tête, diarrhée. Il décède le 11 avril, son décès étant initialement attribué à des causes naturelles. Son corps et celui de son épouse, une Néerlandaise de 69 ans, sont débarqués le 24 avril à Sainte-Hélène, possession britannique de l’Atlantique sud. Cette dernière, à son tour symptomatique, est évacuée vers Johannesburg le lendemain et y décède le 26 avril. Son infection à l’hantavirus est confirmée en laboratoire le 4 mai.
Un troisième décès, celui d’une ressortissante allemande, survient le 2 mai à bord du navire. Au 7 mai 2026, cinq cas sont confirmés et huit autres restent suspects. Trois cas supplémentaires ont été évacués vers les Pays-Bas le 6 mai. Le bâtiment, qui avait fait escale au Cap-Vert, fait désormais route vers Tenerife, dans les îles Canaries, où son arrivée est attendue dans les prochains jours.
La souche des Andes : un hantavirus pas comme les autres
Parmi les 38 souches d’hantavirus répertoriées dans le monde, la souche des Andes occupe une place singulière : c’est la seule connue pour être transmissible d’un être humain à un autre. Tous les autres hantavirus ne se contractent qu’au contact de rongeurs infectés — généralement par inhalation de leurs excréments ou de leur urine.

La transmission interhumaine requiert un contact étroit et direct. L’OMS cite notamment l’échange de salive — par exemple un baiser entre conjoints — comme vecteur probable, ce qui pourrait expliquer que l’épouse du premier patient soit à son tour décédée de la maladie.
« Il n’y a pas pour ce virus de preuves qu’on puisse transmettre la maladie à quelqu’un avant d’avoir des symptômes », a précisé Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS. La période la plus risquée correspond à la première semaine de la maladie, caractérisée par de la fièvre et un malaise généralisé.
L’incubation dure entre une et six semaines, le plus souvent deux à trois semaines. Ce délai a permis à l’OMS de confirmer que le premier patient avait été contaminé avant l’embarquement : ses symptômes sont apparus cinq jours seulement après le départ d’Ushuaïa, ce qui exclut toute infection à bord du navire ou lors d’une escale.
L’Argentine, berceau endémique au cœur de l’enquête
Avant de monter à bord du MV Hondius, le couple néerlandais avait voyagé en Amérique du Sud, notamment en Argentine. C’est là, selon l’OMS, que le premier patient a très certainement été exposé au virus, au contact d’un rongeur infecté — réservoir naturel de la souche des Andes dans cette région du globe.

La situation épidémiologique en Argentine témoigne d’une circulation active du virus : depuis le 1er janvier 2026, 42 nouveaux cas d’hantavirus ont été signalés dans le pays, selon les données du ministère argentin de la Santé.
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