Ce qui aggrave le niveau d’alerte, c’est la nature même du virus en jeu. Le virus Andes est la seule souche d’hantavirus connue pour se transmettre d’humain à humain — une propriété qui a conduit les autorités sanitaires mondiales à activer des protocoles habituellement réservés aux pathogènes à haut risque.
Virus Andes : un pathogène meurtrier et méconnu du grand public
Le virus Andes appartient à la famille des hantavirus, des virus portés par des rongeurs sauvages. La contamination humaine se produit généralement par inhalation de particules issues des excréments ou de l’urine de ces animaux. C’est ce qu’on appelle un virus « zoonotique » : il franchit naturellement la barrière entre l’animal et l’homme.

Sa particularité tient à sa capacité documentée à la transmission interhumaine, estimée à 2 à 5 % des cas. Elle survient par contact étroit et prolongé avec une personne malade, ou par exposition à ses sécrétions. Rare mais réelle, cette propriété distingue le virus Andes de tous les autres hantavirus connus et justifie des mesures d’isolement particulièrement strictes.
La maladie qu’il provoque — le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HCPS) — est sévère. Après une incubation de 4 à 42 jours, les premiers symptômes ressemblent à une grippe : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête. Ils peuvent évoluer rapidement vers une détresse respiratoire aiguë. Le taux de mortalité oscille entre 35 et 60 % selon les études, sans vaccin ni traitement antiviral spécifique approuvé à ce jour.
Ce qu’il faut savoir sur les hantavirus
Les hantavirus sont des virus portés par des rongeurs sauvages, présents sur tous les continents. Ils provoquent chaque année plusieurs centaines de cas dans le monde, principalement en Amérique du Sud et en Asie. Le virus Andes, endémique au Chili et en Argentine, est la seule souche connue à être transmissible d’humain à humain. Avant l’épidémie du MV Hondius, aucun cluster de ce type n’avait jamais été signalé en dehors de cette région.
France en alerte : cas positif, décret d’urgence et 42 jours de quarantaine
Vingt-deux ressortissants français se trouvaient à bord du MV Hondius. Rapatriés le 11 mai 2026, ils ont immédiatement été placés sous protocole sanitaire. Dans l’avion du retour depuis les Canaries, l’une des passagères a déclaré des symptômes ; testée positive à l’hantavirus Andes, son état s’est rapidement dégradé. Les cinq passagers français les plus exposés ont été isolés à l’hôpital Bichat, à Paris, « jusqu’à nouvel ordre, au minimum 15 jours ».

Un décret publié au Journal Officiel le même jour encadre légalement la quarantaine de toute personne ayant séjourné à bord entre le 1er avril et le 10 mai 2026. Le dispositif prévoit d’abord une évaluation médicale en établissement hospitalier sur environ trois jours. En l’absence de symptômes, la quarantaine se poursuit à domicile ou dans un lieu désigné par le préfet, pour une durée maximale de 42 jours — soit la durée d’incubation maximale du virus.
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