Pandémie ou non ? La position sans ambiguïté des autorités sanitaires
Sur ce point, les institutions internationales parlent d’une seule voix. L’OMS a déclaré que le risque de propagation à la population générale était « absolument faible » et que le foyer du MV Hondius « n’est pas le début d’une nouvelle pandémie de type Covid ». L’ECDC confirme de son côté que la probabilité de diffusion généralisée en Europe est très faible.

Les virologues partagent cette analyse. Contrairement au SARS-CoV-2, le virus des Andes « n’est pas très adapté à l’homme », ce qui freine mécaniquement sa diffusion interhumaine. Là où le Covid-19 pouvait infecter silencieusement des dizaines de personnes avant tout symptôme, le virus des Andes impose des contacts prolongés et se signale rapidement par des signes cliniques graves.
Les données historiques confirment ce tableau : depuis sa découverte en 1995, seulement une centaine de cas sont recensés chaque année en Argentine et au Chili, deux pays pourtant directement exposés. Ce niveau endémique bas témoigne d’un virus qui ne se propage pas facilement.
En Europe, il existe des souches locales de hantavirus, mais elles sont biologiquement distinctes du virus des Andes : moins agressives, elles provoquent des formes souvent moins graves et ne se transmettent pas de personne à personne.
Qui doit réellement s’inquiéter ? Les recommandations concrètes
Les personnes directement concernées par ce foyer sont les passagers et membres d’équipage du MV Hondius, ainsi que leurs proches avec lesquels ils ont eu des contacts prolongés depuis leur retour. Ces personnes font l’objet d’une surveillance sanitaire étroite coordonnée par les autorités compétentes.

Plus largement, sont également concernés les voyageurs ayant récemment séjourné dans des zones rurales d’Argentine, du Chili ou de Patagonie — régions où vivent les rongeurs réservoirs du virus. Pour eux, il est recommandé de consulter un médecin en cas de fièvre, de toux ou d’essoufflement survenant dans les six semaines suivant le retour.
Pour la population générale en France et en Europe, le risque est aujourd’hui extrêmement faible. Le virus ne se transmet pas par voie aérienne ordinaire, ne circule pas sur le continent européen, et chaque cas suspect déclenche automatiquement une investigation des contacts, limitant toute chaîne de transmission.
Les autorités rappellent que les voyageurs se rendant prochainement en Amérique du Sud doivent simplement éviter tout contact avec des rongeurs sauvages et leurs déjections, ne pas manipuler de terre ou de poussières dans des zones potentiellement contaminées, et consulter rapidement en cas de symptômes respiratoires au retour.
Le foyer du MV Hondius constitue un événement sanitaire sérieux qui justifie pleinement la mobilisation des autorités internationales. Mais les données disponibles ne plaident pas pour une menace pandémique : le virus des Andes reste mal adapté à la transmission humaine, et les chaînes de contamination observées demeurent courtes et traçables. Ce qui frappe davantage, c’est le contraste saisissant entre sa létalité élevée — jusqu’à 60 % dans certaines études — et sa faible contagiosité, une combinaison inverse à celle du Covid-19. Pour le grand public européen, la vigilance s’impose surtout pour les voyageurs en partance vers l’Amérique du Sud rurale. Pour les autres, l’heure est au suivi attentif de la situation, pas à l’alarmisme.
Articles suggérés
7 camping-cars au nom de leurs enfants pour financer leur retraite
Carrie et Brian Smith, pilotes de ligne américains, ont lancé en février 2024 une entreprise de location de camping-cars baptisée Suite Glamping Adventures. Le…

