Au 14 mai 2026, la totalité des 22 cas contacts du virus Andes recensés en France ont été testés négatifs, annonce la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Parmi eux, trois adolescents d’une même fratrie, hospitalisés à Paris depuis leur retour d’un vol en provenance de l’île Sainte-Hélène, restent placés sous surveillance médicale pour une durée minimale de quinze jours. La France gère ainsi les retombées d’une épidémie née à bord du navire de croisière MV Hondius, qui a fait trois morts depuis début avril dans les eaux subantarctiques.
En bref
- —22 cas contacts français, tous testés négatifs au 14 mai
- —3 adolescents d’une même fratrie hospitalisés 15 jours minimum
- —1 Française confirmée positive en réanimation à Bichat, Paris
Un drame né en Antarctique : la chronologie de l’épidémie à bord du MV Hondius
Le MV Hondius, navire de croisière néerlandais, quitte le port d’Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026, avec à son bord 175 passagers et membres d’équipage représentant 23 nationalités. Le 6 avril, un passager néerlandais âgé de 70 ans présente les premiers symptômes de ce qui sera identifié, plusieurs semaines plus tard, comme le virus des Andes.

Le 11 avril, il décède à bord. Sa mort est d’abord attribuée à des « causes naturelles non identifiées ». L’épidémie progresse ensuite silencieusement : le 2 mai, une passagère allemande succombe à son tour. L’épouse du premier défunt, qui avait débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril pour accompagner la dépouille de son mari vers les Pays-Bas, décède quant à elle en Afrique du Sud le 25 avril, peu après un débarquement médical d’urgence. Le bilan humain s’établit ainsi à trois morts.
C’est le 4 mai que les autorités sud-africaines confirment par séquençage génétique la présence du virus des Andes à bord. Le 10 mai, le navire accoste à Tenerife : une évacuation massive des passagers est immédiatement organisée. Le bâtiment repart ensuite vers Rotterdam pour une décontamination complète. Au 12 mai, l’Organisation mondiale de la santé dénombre 11 cas mondiaux : 7 confirmés, 1 suspecté et 3 décès.
Qu’est-ce que le virus des Andes ?
Le virus des Andes est un hantavirus sud-américain identifié dans les années 1990, hébergé naturellement par des rongeurs sauvages. Il est l’unique hantavirus parmi les 38 connus pour lequel une transmission d’humain à humain a été scientifiquement documentée, mais celle-ci exige un contact physique extrêmement étroit et prolongé avec un malade. Aucun traitement antiviral ni vaccin homologué n’existe contre cette infection ; la prise en charge reste exclusivement symptomatique.
Le vol Sainte-Hélène–Johannesburg : comment le virus a atteint vingt-deux Français
La chaîne de contamination qui conduit jusqu’en France débute le 25 avril sur un vol reliant l’île Sainte-Hélène à Johannesburg. L’épouse du premier défunt embarque à bord alors que son état de santé se dégrade rapidement. Elle décède à son arrivée en Afrique du Sud. Huit ressortissants français se trouvaient à bord de ce même appareil et sont immédiatement considérés comme cas contacts à haut risque.

Quatorze autres Français sont ensuite identifiés sur le vol Johannesburg–Amsterdam que la passagère néerlandaise avait tenté d’emprunter. Le personnel de bord de KLM lui avait refusé l’embarquement en raison de son état de santé. Ces 14 passagers français, présents dans l’aéroport au même moment, entrent eux aussi dans le périmètre du traçage. Au total, 22 Français sont reconnus comme cas contacts et hospitalisés dans des établissements de référence : la Pitié-Salpêtrière et Bichat à Paris, ainsi que des hôpitaux à Rennes et Marseille.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist précise que chaque patient est placé en chambre à double flux, un dispositif empêchant tout échange atmosphérique avec l’extérieur. Un décret gouvernemental a formalisé ce protocole de quarantaine. La ministre se veut rassurante : il n’existe « aucun élément en faveur d’une circulation diffuse du virus » sur le territoire français. Les résultats des tests de dépistage sont communiqués dans un délai de vingt-quatre heures.
Trois adolescents sous surveillance, une Française en réanimation
Parmi les huit passagers français du vol du 25 avril, trois adolescents issus d’une même fratrie retiennent particulièrement l’attention des autorités sanitaires. Voyageant avec leurs parents à proximité de la passagère néerlandaise décédée, ils sont hospitalisés à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Leurs médecins indiquent qu’ils « vont très bien » et qu’aucun symptôme n’est apparu depuis leur admission.

Ils resteront hospitalisés pour une durée minimale de quinze jours, correspondant à la période d’incubation moyenne du virus. Cette surveillance étroite permet aux équipes médicales de réagir immédiatement si de la fièvre ou des symptômes respiratoires venaient à se manifester. L’hospitalisation préventive n’implique pas, à ce stade, que ces adolescents soient infectés.
La bonne nouvelle du 14 mai est double : la totalité des 22 cas contacts présents en France a été testée négative. Mais la situation reste préoccupante pour une passagère française dont le cas est distinct du groupe de contacts. Confirmée positive au virus des Andes, elle est hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat, à Paris, avec son pronostic vital engagé. Le professeur Xavier Lescure précise qu’elle est sous assistance respiratoire. Aucun traitement antiviral approuvé n’existant, les équipes médicales prodiguent uniquement des soins de support pour stabiliser son état.

