Ce qui débute comme un canular dégénère en campagne de harcèlement numérique caractérisé. Les magistrats n’ont vu aucune matière à rire dans ces envois répétés, qu’Evans jugeait pourtant hilarants. La justice britannique vient ainsi d’établir qu’une flatulence filmée et diffusée peut constituer, sous certaines conditions, une arme de harcèlement passible de poursuites. Une première qui interroge les limites du cyber-harcèlement à l’ère des messageries instantanées.

L’Escalade : Quand La Blague Dérape En Harcèlement Numérique
Le 22 décembre 2024, dans un climat déjà explosif autour des droits de visite, Rhiannon Evans franchit une ligne. Sur WhatsApp, elle envoie à Deborah Prytherch une première vidéo : téléphone braqué sur ses fesses, pet sonore, sourire complice à la caméra. Ce qui aurait pu rester un incident isolé devient une séquence répétée pendant Noël et le Nouvel An.
La procureure Diane Williams a décrit le procédé devant le tribunal avec une précision clinique : « Elle procédait à l’expulsion de gaz en plaçant la caméra sur son derrière et en faisant passer le gaz. C’était purement malveillant. Elle souriait en coin tout le long, elle trouvait ça hilarant… mais la victime non. » Ce sourire persistant, capté dans chaque vidéo, révèle l’intention délibérée de provoquer et humilier.
Les magistrats ont qualifié ces envois répétés de « course de conduite » de harcèlement selon le droit britannique. La détresse de Deborah Prytherch n’a cessé de croître face à cette campagne systématique, transformant son téléphone en vecteur d’anxiété. Evans a poursuivi malgré les signaux évidents de détresse, ignorant même un avertissement policier.
Ce qui distingue cette affaire des simples disputes entre ex, c’est la préméditation visible : filmer, envoyer, recommencer. Le tribunal a reconnu dans ce schéma répétitif une stratégie délibérée d’intimidation numérique, établissant que l’intention de nuire suffit à caractériser le harcèlement, quelle que soit l’absurdité apparente du moyen employé.
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