Il y a quinze ans, un article du Nouvel Observateur…

La Polémique Qui Avait Fait Bondir Nolwenn Leroy
Il y a quinze ans, un article du Nouvel Observateur provoquait un tollé inattendu. Sous le titre « Nolwenn Leroy, la Breizh Attitude », le journaliste Fabrice Pliskin établissait un lien aussi audacieux que contestable entre l’album Bretonne de la chanteuse et la montée du Front national. Ce recueil de chansons traditionnelles, expression sincère de son attachement à sa terre natale, se voyait instrumentalisé dans une lecture politique pour le moins discutable.
Le parallèle tracé par le journaliste ne s’arrêtait pas là. Évoquant « l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires » dans un « style maurrassien », Pliskin multipliait les références provocatrices. « Le fichu de Nolwenn se porte mieux dans l’opinion que celui de Diam’s », écrivait-il, avant d’ajouter que l’artiste « droite dans ses sabots, s’enivre de cadastre, d’ancrage et de toponymie ».
Le timing de cette publication aggravait la situation : l’article paraissait dans un numéro consacré à Marine Le Pen, également d’origine bretonne. Cette coïncidence éditoriale transformait un simple portrait en amalgame politique. Pour Nolwenn Leroy, habituée aux critiques artistiques, ce procédé constituait une ligne rouge franchie. L’association forcée entre fierté régionale et idéologie d’extrême-droite allait déclencher une riposte cinglante de la part de l’artiste.

La Réaction Indignée De La Chanteuse Bretonne
Nolwenn Leroy n’a pas laissé passer l’affront. Dans un droit de réponse publié par l’hebdomadaire, l’interprète a dénoncé un « procès d’intention indigne » avec une fermeté inhabituelle. « La critique, tout journaliste est en droit de la faire », reconnaissait-elle d’emblée, avant d’attaquer frontalement : « Il m’est imputé d’avoir opportunément pris le parti du régionalisme au moment où la majorité des Français redoutent la mondialisation. Je suis extrêmement choquée ».
Le démenti de l’artiste ne souffrait aucune ambiguïté. « Mon projet n’a jamais été de mettre en avant mes origines et de m’inscrire dans une mouvance protectionniste où seuls sont encensés ceux qui peuvent se targuer d’un droit du sol », martelait la chanteuse. Sa conclusion cinglante qualifiait l’article de « déloyauté intellectuelle et perfidie gratuite », des termes rarement employés dans les colonnes du Nouvel Observateur.
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