Le 18 janvier 2015, dix jours après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, Jamel Debbouze s’assoit face aux caméras de Sept à Huit sur TF1 et prend la parole publiquement sur sa foi pour la première fois. L’humoriste, né à Barbès et grandi à Trappes, choisit ce moment de fracture nationale pour raconter comment une photo avec une kippa à Jérusalem a fait de lui, musulman, la cible d’insultes antisémites en ligne. Son interview sera vue 7 millions de fois dès sa diffusion.
En bref
- —Musulman, il a été insulté de « sale juif » sur les réseaux
- —Son interview sur TF1 vue 7 millions de fois
- —Il exhorte les jeunes des quartiers à être fiers d’eux
La kippa au Mur des Lamentations : quand l’absurde devient insulte
Tout commence lors d’un séjour en Israël, où Jamel Debbouze avait rejoint sa femme, la journaliste Mélissa Theuriau, qui y travaillait. Il visite la mosquée Al-Aqsa, le Mont des Oliviers, puis arrive au Mur des Lamentations. Comme le veut la coutume en ce lieu saint du judaïsme, on lui demande de couvrir sa tête d’une kippa. Il s’exécute. Une photo est prise.

La photo paraît dans le magazine Voici. Le lendemain, les réseaux sociaux s’enflamment : l’humoriste musulman se retrouve la cible d’insultes antisémites. « Sale juif », lui lance-t-on, entre autres. Lui, dont la foi musulmane n’a jamais été mise en doute, est victime d’une haine qui ne le vise même pas à juste titre. Il commente l’anecdote avec un mélange de dérision et d’amertume : « C’est risible tellement c’est n’importe quoi. Je cristallise plein de choses à moi tout seul. »
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