Le 23 avril 2026, à la mi-journée, la procédure a été menée à son terme. Hatim B. a quitté la France par avion, renvoyé au Maroc sans titre de séjour et sans perspective de retour légal. Le préfet des Hauts-de-Seine n’a fait aucune exception.
Une contradiction politique explosive pour le Rassemblement national
Le symbole est saisissant. La famille Le Pen, à l’origine du Front national devenu Rassemblement national, a construit sa doctrine sur la fermeté absolue à l’égard de l’immigration irrégulière. Pendant neuf ans, elle employait pourtant à domicile un jardinier marocain dépourvu de tout titre de séjour.

Face à l’onde de choc médiatique, le Rassemblement national a réagi promptement en cherchant à limiter les dégâts. Le parti a qualifié l’affaire de «situation personnelle» de Jany Le Pen, affirmant qu’elle n’avait aucun lien avec lui ni avec ses positions politiques.
Cette mise à distance n’a guère convaincu les observateurs, qui rappellent que Jean-Marie Le Pen lui-même résidait dans la propriété où Hatim B. officiait. L’affaire vient alimenter durablement les accusations d’hypocrisie adressées à la droite nationaliste française sur la question de l’emploi de travailleurs étrangers à titre privé.
Le RN et l’immigration : un discours fondateur
Fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen, le Rassemblement national a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière l’un de ses principaux chevaux de bataille, réclamant depuis des décennies des expulsions massives et une politique de «préférence nationale». L’affaire du jardinier marocain employé sans titre de séjour pendant neuf ans chez le fondateur du parti vient percuter ce discours en plein cœur. Elle s’ajoute à une longue série d’épisodes embarrassants révélant les tensions entre postures publiques et pratiques privées au sein de la sphère nationaliste.
Une politique d’expulsion qui bat des records
L’expulsion d’Hatim B. s’inscrit dans un contexte de durcissement sans précédent de la politique migratoire française. En 2025, la France a enregistré 24 985 expulsions d’étrangers en situation irrégulière, soit une hausse de 15,7 % par rapport à l’année précédente.
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