
Depuis cette date, les déchets radioactifs issus du complexe ont été déversés dans le lac, transformant progressivement ce site naturel en un réceptacle de contamination. Selon un rapport de l’institut américain Worldwatch consacré aux déchets nucléaires, le lac Karatchaï est devenu l’endroit le plus pollué de la planète.
L’absence de débouché du lac a aggravé la situation : les substances radioactives ne pouvaient pas s’écouler naturellement, s’accumulant année après année dans les sédiments et les eaux peu profondes.
Maïak, un complexe nucléaire soviétique au lourd passé
Le complexe de Maïak a été construit en secret à l’époque soviétique pour répondre aux besoins du programme nucléaire militaire russe. Mis en service en 1949, il a servi dès l’origine au stockage et au retraitement de matières radioactives. Son histoire est marquée par plusieurs accidents et une gestion des déchets longtemps ignorée des populations locales.
Une radioactivité comparable à Tchernobyl
Le lac Karatchaï a accumulé 4,44 EBq (exabecquerels) de radioactivité, une unité du Système international mesurant l’activité d’un radionucléide. Ce chiffre vertigineux n’est pas si éloigné des 12 EBq libérés par la catastrophe de Tchernobyl en 1986, sur une durée de dix jours.

En 1990, l’ONG américaine NRDC, engagée dans la protection de l’environnement, rapportait que le niveau de radiation dans la région autour du lac atteignait 155 Ci/kg (curie par kilogramme) par heure. Ce taux dépasse la dose létale suffisante pour tuer un être humain en une heure.
Ces données font du lac Karatchaï un site d’une dangerosité absolue. S’y rendre, même brièvement, représente un risque mortel documenté, ce qui en fait l’un des rares endroits sur Terre où la simple présence humaine est incompatible avec la survie.
Une catastrophe sanitaire pour les populations locales
Les effets de cette contamination sur la santé des habitants de la région sont documentés et alarmants. Leucémies, cancers, handicaps congénitaux : depuis plusieurs décennies, le bilan sanitaire s’alourdit inexorablement autour du lac Karatchaï.

Selon des données relayées par le journal Ouest France, depuis le début du stockage des déchets radioactifs dans le lac, le nombre de cancers chez les travailleurs et résidents de la région a augmenté de 21 %. Les anomalies congénitales ont progressé de 25 %, et les leucémies de 41 %.
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