Le projet s’inscrit dans la continuité des mesures engagées par Anne Hidalgo — notamment l’abaissement de la vitesse à 50 km/h et le développement des pistes cyclables aux abords —, mais il va sensiblement plus loin. Emmanuel Grégoire entend franchir une nouvelle étape en ouvrant physiquement le périphérique aux mobilités douces.
Un périphérique déjà en mutation depuis 2014
Inauguré en 1973, le boulevard périphérique parisien s’étend sur 35 kilomètres et reste l’un des axes routiers les plus fréquentés d’Europe, avec plus d’un million de véhicules par jour à son apogée. Anne Hidalgo avait amorcé sa transformation dès 2014 en abaissant la vitesse de 80 à 50 km/h, puis en multipliant les aménagements cyclables à ses abords. Emmanuel Grégoire, son ancien premier adjoint, entend désormais franchir une étape décisive en ouvrant l’anneau lui-même aux mobilités douces.
Ce qui change concrètement : vélos, passages piétons et calendrier
La première échéance est fixée à septembre 2026 : des portions du périphérique seront ouvertes aux cyclistes, y compris aux vélos électriques. Sur ces tronçons, la vitesse maximale autorisée sera abaissée à 30 km/h, contre 50 km/h depuis la réforme Hidalgo. Le déploiement sera progressif, limité dans un premier temps à quelques kilomètres selon les portes concernées.

La porte de Gentilly, dans le sud de la capitale, a été désignée comme site expérimental. Ce test grandeur nature comprend la création de passages piétons, l’aménagement d’espaces dédiés aux cyclistes et la suppression de certaines voies de circulation. Le budget estimé pour ce seul pilote est compris entre 10 et 15 millions d’euros, déjà voté par le Conseil de Paris.
À l’horizon 2032, le projet vise à généraliser ce modèle à toutes les portes de Paris, qui seraient rebaptisées les « Places du Grand Paris ». Cette transformation implique une refonte profonde de la morphologie du périphérique, avec réduction du nombre de voies et espaces publics entièrement repensés à chaque entrée de la ville.
Des données sanitaires solides pour défendre le projet
La majorité municipale s’appuie sur les résultats mesurés des réformes précédentes pour légitimer ses ambitions. Le passage à 50 km/h sous Anne Hidalgo avait permis de diviser par deux les nuisances sonores nocturnes et de réduire les accidents de 17 %. Ces chiffres constituent le socle argumentaire sur lequel Grégoire et Belliard s’appuient pour aller plus loin.

Sur la qualité de l’air, Airparif estime que les dernières mesures de réduction du trafic ont permis d’économiser 61 milliards d’euros de dommages, par rapport aux coûts de santé qu’une pollution non maîtrisée aurait engendrés. Un chiffre qui illustre l’ampleur des enjeux sanitaires concentrés sur cet axe routier.
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