
La scène est filmée par les agresseurs présumés. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, montre un groupe de jeunes frapper Louis, prostré au sol, avant de l’abandonner. Une connaissance de l’un des mis en cause, choquée par les images, alerte les secours — mais les pompiers ne parviennent pas à localiser le lieu.
Ce n’est que le lendemain matin, samedi 20 juin vers 9h10, qu’un ouvrier découvre le corps sur le chantier. Le procureur décrit alors un adolescent «toujours inconscient», présentant «des ecchymoses aux yeux, de multiples hématomes au front ainsi que des saignements au niveau de la bouche et du nez». Transféré d’abord à Narbonne, puis à Perpignan «compte tenu de l’état de gravité du jeune homme», Louis décède le 23 juin.
Cinq mis en examen pour tentative d’assassinat, trois d’entre eux mineurs
Grâce aux images de la vidéo et au travail d’analyse de la téléphonie, les enquêteurs identifient rapidement cinq jeunes. Tous sont interpellés, puis mis en examen pour tentative d’assassinat et placés en détention provisoire. Parmi eux, trois sont mineurs et deux ont 19 ans.

Le procureur Jean-Philippe Rey rappelle que tous «bénéficient de la présomption d’innocence». Selon lui, les cinq mis en cause ont «peu ou pas d’antécédents judiciaires». Trois d’entre eux sont également placés à l’Aide sociale à l’enfance, dans une structure différente de celle où vivait Louis.
La qualification de tentative d’assassinat — qui implique une intention homicide préméditée — traduit la lecture des enquêteurs face à la violence des faits et au caractère organisé du guet-apens.
L’ASE, un dispositif sous tension
L’Aide sociale à l’enfance (ASE) est le service départemental chargé de protéger les mineurs en danger. Les jeunes placés en foyer sont parmi les plus exposés aux violences et aux ruptures de parcours. Dans cette affaire, Louis comme trois de ses agresseurs présumés relevaient de ce dispositif de protection de l’enfance, dans des structures distinctes.
Une plainte le 11 mai, un passage à la gendarmerie le 12 juin : deux signalements ignorés
C’est là que les révélations du procureur prennent toute leur gravité. «Il ressort des fichiers de police qu’il (Louis, NDLR) avait déposé plainte le 11 mai 2026, auprès du commissariat de Narbonne pour des faits mettant en cause d’autres jeunes sans aucun lien avec les mis en examen», écrit Jean-Philippe Rey dans son communiqué.

Le 12 juin, une semaine seulement avant le guet-apens mortel, Louis se présente dans une gendarmerie du Tarn pour signaler de nouvelles violences en réunion qui lui ont valu une hospitalisation. Cette fois, il refuse de déposer plainte «malgré l’incitation des gendarmes».
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