Son scénario d’alerte repose sur une bascule politique précise : « Si demain le pays bascule dans l’extrême droite, les conséquences seront très lourdes, puisque là, on ne parlera plus de fracture, on parlera d’affrontement ». Cette distinction terminologique révèle une gradation inquiétante : la fracture actuelle, alimentée par les discours de Sarkozy, Lenoir ou Zemmour, reste réversible. L’affrontement qu’il redoute marquerait un point de non-retour, où la cohabitation céderait la place à la confrontation ouverte.
L’analyse de Ben Laga pointe un déséquilibre structurel : face à un « lobbying médiatico-politique très puissant », les franco-algériens demeurent dans une posture défensive. Cette asymétrie, conjuguée à l’habituation au mépris, crée un terrain fertile pour la normalisation de discours autrefois impensables. La question n’est plus de savoir si les limites ont été franchies, mais jusqu’où cette surenchère verbale entraînera une société déjà profondément ébranlée.
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