Le Procès : La Parole Aux Accusés
Dans la salle d’audience, les visages des accusés révèlent une tout autre réalité du conflit. Parmi les sept cyberharceleurs poursuivis figure Salomé, 24 ans, qui assume sa réaction tout en la justifiant : « J’ai réagi à chaud. Je ne pouvais pas cautionner ces propos après ce qu’il s’était passé, surtout quand on a plus de 3 millions d’abonnés. » Pour elle, la responsabilité d’une influenceuse de cette envergure prime sur le droit à l’opinion.
Si Salomé reconnaît avoir menacé Maeva Ghennam, elle estime que ses propos ont été « mal interprétés » et renverse l’accusation en pointant « l’antisémitisme » de l’influenceuse récemment condamnée à un an de prison avec sursis. L’attaque devient défense, la victime présumée se transforme en accusée.
Enzo, autre prévenu, témoigne d’une douleur plus intime : « J’ai des amis qui sont morts le 7 octobre. » Ce lien direct avec la tragédie explique la violence de sa réaction. « J’étais énervé, sous le choc, inquiet, d’où ces mots que je regrette pleinement », confie-t-il en présentant ses excuses. Il admet ne pas avoir eu « conscience » des conséquences de ses actes sur le moment.
Le procès révèle ainsi une collision entre douleurs légitimes et dérives numériques, où chaque camp brandit ses blessures comme bouclier. Une ambiguïté qui complique singulièrement la tâche des magistrats face à un dossier où victime et accusés se confondent.

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