
Dès l’ouverture de l’enquête, les gendarmes ont déployé un dispositif conséquent : surveillance héliportée sur la commune et ses alentours, scellés apposés sur le domicile familial. Malgré ces moyens engagés, le corps de la jeune femme n’a pas été retrouvé à ce jour, tout comme le suspect.
Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le 20 avril l’ouverture d’une instruction pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineur. L’hypothèse du meurtre de Manon, suivie d’une fuite organisée de son compagnon, est la piste privilégiée par les enquêteurs.
Portrait d’une femme de terrain, que rien n’aurait fait partir
Originaire de Chantonnay, en Vendée, Manon Relandeau s’était installée depuis trois ans à Saint-Étienne-de-Montluc. Elle y gérait une pension équestre et élevait des vaches nantaises, une race locale emblématique. Pour ses voisins, c’était une jeune femme discrète, souriante, profondément attachée à sa terre et à ses bêtes.

Dans le village, les témoignages convergent : on la décrit comme une « bosseuse » qui vouait une passion entière à ses animaux. « Elle n’aurait jamais abandonné ses chevaux », confie un proche — une phrase qui résume à elle seule l’incompréhension générale face à son silence soudain et total. C’est précisément ce détail qui a convaincu ses proches d’alerter les autorités.
Depuis l’annonce de l’enquête, la discrétion règne dans la commune. Interrogés par les journalistes, les habitants se montrent peu diserts. « C’est déjà assez grave, on ne dira rien », a simplement répondu l’un d’eux, témoignant d’une communauté sous le choc.
Le compagnon en fuite en Algérie : une traque aux obstacles diplomatiques
La veille du signalement, le 2 avril, le compagnon de Manon — un homme de 41 ans — a embarqué à l’aéroport de Nantes à destination de l’Algérie, emportant avec lui la petite Inaya. Selon les éléments recueillis par l’enquête, il aurait depuis lors contacté plusieurs personnes sans jamais révéler sa localisation précise.

La traque du suspect se heurte à un obstacle de taille : l’Algérie ne procède pas à l’extradition de ses ressortissants vers des pays étrangers. Les enquêteurs doivent donc s’appuyer sur des canaux de coopération judiciaire internationale, souvent longs et soumis à la volonté diplomatique des deux parties. Une contrainte qui place les autorités françaises dans une position d’attente inconfortable.
La petite Inaya, 15 mois, est elle aussi au cœur des recherches. Dans le cadre de l’enquête pour enlèvement de mineur, son sort préoccupe autant les enquêteurs que celui de sa mère. À ce stade, aucune information publique ne permet de préciser les conditions dans lesquelles l’enfant se trouve.
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