
Ce sont justement ces proches qui donnent l’alerte le vendredi 3 avril, vers 13 heures, inquiets de n’avoir aucune nouvelle depuis plusieurs jours — ni d’elle, ni de sa fille Inaya, âgée de 15 mois. La réaction des gendarmes est immédiate. « Très rapidement, les investigations réalisées dans la journée nous ont conduits vers une disparition inquiétante, a déclaré Thierry Coin, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Nantes. Le soir même, nous avions des techniciens en investigation criminelle. »
Le 7 avril, un juge d’instruction est saisi par le parquet de Nantes, qui retient d’emblée deux qualifications pénales graves : meurtre par conjoint et enlèvement de mineur. À ce stade, Manon Relandeau n’a toujours pas été retrouvée.
Un conjoint en fuite : vol pour l’Algérie, bébé à bord, mère absente
Le 2 avril 2026, la veille du signalement aux autorités, Karim Boukhari, 41 ans, compagnon de Manon et père d’Inaya, embarque à l’aéroport de Nantes sur un vol à destination de l’Algérie. Il emmène avec lui leur fille de 15 mois. Manon, elle, n’est pas du voyage.

Ce même jour, le comportement de l’homme avait frappé une voisine. Celle-ci rapporte l’avoir vu « rentrer en marche arrière avec une grosse voiture noire, ce qu’il ne faisait jamais », et avoir noté qu’il avait « un langage particulier, très braqué dans les paroles, agressif verbalement ». Des détails qui, pris isolément, pourraient sembler anodins, mais qui ont immédiatement retenu l’attention des enquêteurs.
Depuis son départ, Karim Boukhari a contacté des proches par téléphone depuis l’Algérie. Mais le sort de la petite Inaya reste à ce jour inconnu des autorités françaises. Une coopération internationale a été engagée pour tenter de localiser père et enfant, dans un contexte diplomatique particulièrement complexe.
France-Algérie : l’extradition en question
La France et l’Algérie ne disposent d’aucun traité bilatéral d’extradition, ce qui complique considérablement le retour forcé d’un suspect ayant fui sur le territoire algérien. Dans ce type d’affaire, la coopération dépend entièrement de la volonté politique des deux États et s’effectue au cas par cas, sans garantie de résultat. Les relations franco-algériennes ont par ailleurs traversé plusieurs phases de tensions diplomatiques ces dernières années, rendant ce type de démarche encore plus incertain.
Cent militaires mobilisés, des semaines de fouilles sans résultat
Face à la gravité de la situation, les moyens déployés sont exceptionnels. Environ 100 militaires ont été engagés dans les opérations : 55 gendarmes sur le terrain, deux équipes cynophiles, la brigade fluviale, un hélicoptère et des drones. Une cellule nationale d’enquête forte de 15 enquêteurs, dirigée par la section de recherches de Nantes, coordonne l’ensemble du dispositif judiciaire.

Les fouilles ont ciblé les lieux de vie de Manon : son domicile, mais aussi son exploitation agricole à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs ont passé au crible le fumier, les équipements agricoles, différents sacs et contenants. Des analyses de vidéosurveillance et des relevés bancaires ont également été intégrés à l’enquête.
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