
Arrêtée immédiatement après les faits, Marianne Bachmeier ne manifeste aucun regret apparent. Elle sera rapidement surnommée « maman vengeresse » par les médias allemands, une expression qui résume à elle seule la façon dont une partie de l’opinion publique percevra son acte.
Ce n’est qu’en 1995 qu’elle avouera avoir prémédité son crime. Elle déclarera également avoir voulu empêcher Grabowski de continuer à répandre des mensonges sur sa fille lors du procès.
Ana, une enfant enlevée un jour de dispute
La petite Ana est née en 1973, troisième enfant de Marianne Bachmeier, qui décide cette fois de la garder et de l’élever seule. En mai 1980, une dispute entre la mère et la fille pousse l’enfant à sécher l’école. C’est ce jour-là qu’elle croise Klaus Grabowski, un boucher de 35 ans.

Grabowski séquestre la fillette dans son appartement pendant de longues heures. Il abuse d’elle, puis l’étrangle. C’est sa propre fiancée qui le dénoncera à la police, déclenchant ainsi son arrestation.
Lors du procès, Grabowski admet le meurtre mais nie tout abus sexuel. Il va jusqu’à accuser la petite Ana d’avoir tenté de le séduire et de l’extorquer — des déclarations qui, selon Marianne Bachmeier elle-même, ont joué un rôle décisif dans son passage à l’acte.
Un récidiviste face à la justice
Klaus Grabowski n’était pas un inconnu des autorités judiciaires. Délinquant sexuel, il avait déjà été condamné et emprisonné pour des agressions commises sur deux jeunes filles avant de s’en prendre à la petite Ana. Ce contexte de récidive a alimenté le sentiment d’injustice ressenti par une partie de l’opinion publique allemande à l’égard du système judiciaire.
Un passé douloureux pour une mère hors norme
Pour comprendre le parcours de Marianne Bachmeier, il faut remonter à une enfance marquée par la violence et la précarité. Son père avait été membre de la Waffen-SS. En grandissant, elle subit plusieurs viols et tombe enceinte une première fois à 16 ans, donnant l’enfant en adoption.

Son second enfant, né à 18 ans, connaît le même sort. C’est seulement avec Ana, son troisième enfant, qu’elle choisit de construire une vie de famille, l’élevant seule à partir de 1973.
Articles suggérés
Dotation, chauffeur, cabinet: ce que coûte vraiment un ex-président français
En France, les anciens présidents de la République ne perçoivent pas une retraite classique mais une dotation à vie fixée par une loi datant…

