Matthéo est évacué sur brancard et transporté d’urgence à l’hôpital de Lens, où des examens sont réalisés pour écarter tout traumatisme crânien. Si son état physique se stabilise, la violence des coups reçus laisse des traces bien au-delà des blessures visibles.
Le football U10/U11, un espace d’apprentissage avant tout
Les catégories U10 et U11 regroupent des enfants de 9 à 11 ans. Les tournois de plateau organisés par les clubs locaux sont conçus comme des espaces de découverte du jeu collectif, encadrés par des adultes bénévoles. La dimension éducative est censée y primer sur l’enjeu sportif.
« Je vois mon gamin mourir » : le père de Matthéo témoigne
Matthieu, père de la victime et entraîneur de l’équipe d’Auchy-les-Mines, était présent au bord du terrain au moment des faits. « J’ai couru pour essayer de sauver mon fils. Parce que moi, je vois mon gamin mourir », a-t-il confié à RMC, décrivant son enfant « recroquevillé » sous les coups.

Au-delà des blessures physiques, ce sont les séquelles psychologiques qui inquiètent le plus la famille. Depuis l’agression, Matthéo se réveille plusieurs fois par nuit en répétant : « Laissez-moi tranquilles, frappez-moi pas. » Des mots qui résument à eux seuls l’état de détresse dans lequel se trouve l’enfant.
Le père dit ne pas comprendre les raisons de cette agression : l’équipe adverse venait pourtant de remporter le tournoi. Face à l’absence d’explication, il a décidé de porter plainte contre les joueurs impliqués, mais aussi contre l’encadrement du club de Creil. Il avertit : « Il ne faut pas qu’il y ait un enfant tué pour qu’on agisse. »
Enquête ouverte, excuses officielles : les suites judiciaires et disciplinaires
Suite au dépôt de plainte, une enquête judiciaire a été ouverte par les autorités compétentes. Les faits — une agression collective sur un mineur — sont susceptibles d’entraîner de lourdes conséquences pénales et sportives pour les personnes mises en cause.

Du côté du club oisien, les réactions ont été rapides. Le 10 mai, le comité directeur de l’AFC Creil a publié un communiqué présentant ses « sincères excuses à Matthéo, à sa famille ainsi qu’au club de l’AS Auchy-les-Mines ». Le club s’est engagé à prendre « avec la plus grande fermeté, toutes les mesures disciplinaires nécessaires », ajoutant : « Aucun enfant ne doit vivre une telle situation dans le cadre d’un événement sportif. » Le président du club avait déjà affirmé, quelques heures plus tôt, que la violence « n’a pas sa place sur un terrain de foot ».
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