« Courage mon fils, courage ! » Le cri vient d’un écran. Le père du condamné, lui-même détenu, assiste par visioconférence au prononcé du jugement. Deux générations enfermées, deux destins scellés par la criminalité. L’encouragement paternel résonne comme un aveu involontaire : dans certaines familles, la prison n’est pas une rupture mais une continuité, presque un héritage.
Ce moment cristallise toute l’absurdité du dossier. Un mineur recruté sur Snapchat, armé par des adultes, envoyé tuer pour venger un autre adolescent assassiné. Une spirale criminelle transgénérationnelle où les plus jeunes deviennent chair à canon d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie. Le tribunal a tranché selon la loi : excuse de minorité appliquée, 17 ans prononcés contre les 20 ans requis. Mais au-delà du verdict, c’est l’engrenage qui interroge. Combien d’autres mineurs attendent déjà, téléphone crypté en main, le prochain contrat ?
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