Un nouveau rebondissement élargit encore les zones d’ombre autour de l’affaire Lyhanna. Selon Marie France, citant RTL, le père de Jérôme Barella, suspect principal dans la mort de la fillette de 11 ans à Fleurance, avait lui aussi été accusé de viols par l’une de ses petites-filles. À ce stade, aucun lien n’est établi entre cette ancienne procédure et les victimes présumées citées dans le dossier Lyhanna.
En bref
- —Lyhanna avait 11 ans.
- —Le père Barella avait obtenu un non-lieu.
- —70 000 dossiers doivent être réexaminés.
### Une archive judiciaire qui relance les zones d’ombre
La cour d’appel de Montpellier a retrouvé, mercredi 10 juin 2026, une archive concernant un autre membre de la famille Barella. D’après les informations rapportées par Marie France et attribuées à RTL, le père de Jérôme Barella, un homme septuagénaire, avait été accusé de plusieurs viols par l’une de ses petites-filles.

Les faits présumés auraient été commis entre 2010 et 2013, au domicile du grand-père. La plaignante était alors âgée de 10 à 13 ans, selon le récit publié. Huit ans après le dépôt de plainte, le père de Jérôme Barella avait obtenu un non-lieu.
La famille avait fait appel de cette décision avant de se désister, toujours selon ces informations. Ce point est important : un non-lieu ne signifie pas que les faits dénoncés sont établis, mais qu’à l’issue de la procédure, la justice n’a pas retenu d’éléments suffisants pour renvoyer l’affaire devant une juridiction de jugement.
Pour l’heure, rien n’indique que la plaignante de cette ancienne affaire soit l’une des deux filles de Jérôme Barella, présentées comme des amies de Lyhanna et de Rosa. Cette prudence est essentielle dans un dossier où plusieurs procédures, époques et personnes sont désormais évoquées.
### Le père, le frère, puis Jérôme Barella : une famille sous scrutiny
Ce rebondissement intervient alors que d’autres membres de la famille Barella ont déjà été cités dans des affaires distinctes. Le frère de Jérôme Barella, Yannick Barella, a été arrêté dans une procédure visant notamment des accusations de viol sur mineure de plus de 15 ans, de viol conjugal, de séquestration et de menaces de mort répétées par conjoint, selon des éléments relayés par plusieurs médias.

Le procureur d’Agen, Olivier Naboulet, a indiqué que les deux victimes présumées étaient en couple avec la personne mise en cause. L’une était âgée de 17 ans au moment des faits présumés, l’autre était majeure pendant la relation, selon ces mêmes informations.
La découverte de l’archive concernant le père de Jérôme Barella ne permet pas, à elle seule, de tirer une conclusion sur le dossier Lyhanna. Elle éclaire toutefois le contexte familial désormais examiné par les enquêteurs et les magistrats, alors que l’affaire a déjà pris une ampleur nationale.
Dans ce type de dossier, l’enjeu pour la justice est de distinguer les procédures : dates, victimes présumées, qualifications pénales et décisions rendues. C’est cette séparation stricte qui permet d’éviter les amalgames tout en identifiant d’éventuelles défaillances de suivi.
### Le dossier Rosa au cœur des critiques
L’affaire Lyhanna est devenue explosive en raison des signalements antérieurs visant Jérôme Barella. Il avait notamment été dénoncé en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans, qui l’accusait d’avoir agressé sexuellement sa fille à plusieurs reprises.

Selon The Guardian, des éléments médicaux avaient confirmé que l’enfant avait subi des violences sexuelles. Malgré cette plainte, Jérôme Barella n’aurait pas été entendu par les enquêteurs pendant les neuf mois précédant la disparition de Lyhanna.
Ce délai nourrit aujourd’hui une partie de la colère publique. Pour les proches des victimes présumées et plusieurs associations, l’affaire pose une question concrète : que se passe-t-il après une plainte visant un mineur, et qui vérifie que les actes d’enquête indispensables sont bien réalisés ?
L’avocat de la famille de Lyhanna a, de son côté, mis en cause le manque de moyens de l’institution judiciaire. Cette critique rejoint celle de magistrats et d’associations qui décrivent un système saturé, où les dossiers de violences sexuelles sur mineurs peuvent attendre alors même que les victimes restent exposées.
Pour comprendre
L’affaire Lyhanna intervient après plusieurs années de critiques sur le traitement judiciaire des violences sexuelles faites aux enfants. La Ciivise et des associations de protection de l’enfance alertent régulièrement sur la difficulté des mineurs à être entendus, protégés et accompagnés après une révélation ou une plainte.
### Une affaire devenue symbole des failles institutionnelles
La mort de Lyhanna a déclenché une réaction politique immédiate. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu un « immense échec » dans le traitement des alertes antérieures visant le suspect principal. Emmanuel Macron a également dénoncé des dysfonctionnements jugés inacceptables.

Le gouvernement a annoncé le réexamen d’environ 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles ou agressions visant des mineurs. Cette revue doit porter en priorité sur les dossiers dans lesquels aucune enquête suffisante n’aurait été menée alors que les victimes sont encore mineures.
La mesure est lourde de conséquences pratiques. Elle suppose de mobiliser parquets, magistrats, enquêteurs et services spécialisés, dans un contexte où les professionnels de la justice dénoncent déjà des retards importants et un volume massif de procédures en attente.
L’émotion a aussi gagné la rue. D’après Le Monde, des rassemblements ont eu lieu dans près de 200 villes, avec des slogans appelant à mieux protéger les enfants et à réformer la prise en charge des violences sexuelles. L’affaire Lyhanna dépasse désormais le cadre d’un drame local : elle interroge la capacité de l’État à assurer la protection des mineurs.
Le nouveau volet concernant le père de Jérôme Barella ne prouve aucun lien direct avec la mort de Lyhanna, mais il ajoute un élément troublant à un dossier déjà marqué par de multiples alertes. Ce qu’il faut retenir, à ce stade, tient en trois points : une ancienne procédure visant le grand-père a existé, Jérôme Barella reste le suspect principal dans la mort de Lyhanna, et l’État est désormais sommé d’expliquer pourquoi certaines plaintes concernant des mineurs n’ont pas été traitées plus vite. Les prochaines étapes judiciaires devront établir les responsabilités sans confondre les dossiers ni anticiper les décisions des magistrats.


