
Selon The Guardian, des éléments médicaux avaient confirmé que l’enfant avait subi des violences sexuelles. Malgré cette plainte, Jérôme Barella n’aurait pas été entendu par les enquêteurs pendant les neuf mois précédant la disparition de Lyhanna.
Ce délai nourrit aujourd’hui une partie de la colère publique. Pour les proches des victimes présumées et plusieurs associations, l’affaire pose une question concrète : que se passe-t-il après une plainte visant un mineur, et qui vérifie que les actes d’enquête indispensables sont bien réalisés ?
L’avocat de la famille de Lyhanna a, de son côté, mis en cause le manque de moyens de l’institution judiciaire. Cette critique rejoint celle de magistrats et d’associations qui décrivent un système saturé, où les dossiers de violences sexuelles sur mineurs peuvent attendre alors même que les victimes restent exposées.
Pour comprendre
L’affaire Lyhanna intervient après plusieurs années de critiques sur le traitement judiciaire des violences sexuelles faites aux enfants. La Ciivise et des associations de protection de l’enfance alertent régulièrement sur la difficulté des mineurs à être entendus, protégés et accompagnés après une révélation ou une plainte.
### Une affaire devenue symbole des failles institutionnelles
La mort de Lyhanna a déclenché une réaction politique immédiate. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu un « immense échec » dans le traitement des alertes antérieures visant le suspect principal. Emmanuel Macron a également dénoncé des dysfonctionnements jugés inacceptables.

Le gouvernement a annoncé le réexamen d’environ 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles ou agressions visant des mineurs. Cette revue doit porter en priorité sur les dossiers dans lesquels aucune enquête suffisante n’aurait été menée alors que les victimes sont encore mineures.
La mesure est lourde de conséquences pratiques. Elle suppose de mobiliser parquets, magistrats, enquêteurs et services spécialisés, dans un contexte où les professionnels de la justice dénoncent déjà des retards importants et un volume massif de procédures en attente.
L’émotion a aussi gagné la rue. D’après Le Monde, des rassemblements ont eu lieu dans près de 200 villes, avec des slogans appelant à mieux protéger les enfants et à réformer la prise en charge des violences sexuelles. L’affaire Lyhanna dépasse désormais le cadre d’un drame local : elle interroge la capacité de l’État à assurer la protection des mineurs.
Le nouveau volet concernant le père de Jérôme Barella ne prouve aucun lien direct avec la mort de Lyhanna, mais il ajoute un élément troublant à un dossier déjà marqué par de multiples alertes. Ce qu’il faut retenir, à ce stade, tient en trois points : une ancienne procédure visant le grand-père a existé, Jérôme Barella reste le suspect principal dans la mort de Lyhanna, et l’État est désormais sommé d’expliquer pourquoi certaines plaintes concernant des mineurs n’ont pas été traitées plus vite. Les prochaines étapes judiciaires devront établir les responsabilités sans confondre les dossiers ni anticiper les décisions des magistrats.
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