Cette ligne défensive s’est heurtée au scepticisme manifeste de la présidente du tribunal. Sa réplique, sèche et pragmatique, a mis en lumière l’incohérence du raisonnement : « Vous avez déjà vu des chats qui attaquent les poules ? » Une question rhétorique qui souligne l’improbabilité d’une confusion entre un félin domestique et un prédateur sauvage de vingt kilogrammes, aux caractéristiques physiques distinctives.
L’argument de l’origine géographique peine également à convaincre. Résidente en Alsace, région où la présence du lynx est documentée et médiatisée depuis sa réintroduction, la prévenue aurait difficilement pu ignorer l’existence de l’espèce sur le territoire. La violence des coups portés, répétés jusqu’à causer la mort de l’animal, interroge par ailleurs sur la proportionnalité de la réaction face à une menace perçue.
Cette version des faits allait se révéler insuffisante aux yeux du parquet, dont l’analyse reconstituait une séquence bien différente.

Acte Intentionnel Selon Le Parquet
La procureure Priscille Cazaux a balayé la thèse de la confusion avec un chat domestique. Selon son analyse des éléments du dossier, la sexagénaire aurait parfaitement identifié la nature de l’animal avant de passer à l’acte. L’argument culturel ne résiste pas à l’examen : après des années de résidence dans le Bas-Rhin, l’ignorance de l’existence du lynx boréal sur le territoire apparaît difficilement soutenable.

