Princess Cruises avait dans un premier temps minimisé l’ampleur de la situation, évoquant dans un communiqué « un nombre limité de personnes ayant signalé des troubles gastro-intestinaux légers ». La compagnie a cependant assuré avoir « immédiatement renforcé les procédures de désinfection et isolé les personnes malades ». À son retour, le navire a accosté à Port Canaveral pour y subir une désinfection complète, tandis que des prélèvements étaient réalisés auprès des malades pour confirmer l’agent causal.
Espaces confinés et buffets partagés : pourquoi les paquebots amplifient les épidémies
Le norovirus est l’un des agents infectieux les plus contagieux qui soient. Quelques dizaines de particules virales suffisent à infecter un individu. Le virus se transmet par contact direct avec une personne malade, mais aussi via les surfaces contaminées, les aliments, les poignées de porte et les buffets partagés — autant de points de contact omniprésents sur un paquebot en cours de traversée.

Sur un navire de croisière, plusieurs milliers de personnes cohabitent dans un espace fermé pendant plusieurs jours, partageant les mêmes restaurants, couloirs, ascenseurs et espaces de loisirs. Dès qu’un premier cas apparaît, la propagation peut être très rapide. C’est précisément pour cette raison que le CDC a mis en place son programme VSP : dès que 3 % des passagers ou membres d’équipage signalent des symptômes gastro-intestinaux, une procédure de signalement officiel est automatiquement enclenchée.
Les symptômes du norovirus — vomissements, diarrhées, douleurs abdominales et fatigue intense — apparaissent en général entre 12 et 48 heures après la contamination. La maladie est le plus souvent bénigne et de courte durée chez les adultes en bonne santé. Elle peut toutefois devenir préoccupante pour les personnes âgées ou immunodéprimées, catégories fréquemment représentées dans la clientèle des croisières.
Le programme de surveillance sanitaire maritime du CDC
Le Vessel Sanitation Program (VSP) est le dispositif mis en place par le CDC pour surveiller la santé à bord des navires de croisière faisant escale dans des ports américains. Il collecte les signalements de foyers gastro-intestinaux, conduit des inspections à bord et publie ses conclusions en ligne. En 2025, le VSP a recensé 20 foyers de maladies gastro-intestinales sur des croisières, un record historique, dont 75 % attribués au norovirus. En 2026, quatre foyers ont déjà été officiellement documentés.
Princess Cruises : deux foyers de norovirus en moins de deux mois
Le Caribbean Princess n’est pas le premier navire de Princess Cruises à faire face à une épidémie de norovirus en 2026. En mars, le Star Princess avait été frappé lors d’une traversée du 7 au 14 mars. Le bilan, documenté par le CDC, était lourd : 141 passagers sur 4 307 (3,3 %) et 52 membres d’équipage sur 1 561 (3,3 %) avaient présenté des symptômes gastro-intestinaux. Le VSP avait alors conduit une évaluation environnementale à bord.

Deux navires, une même compagnie, deux foyers de norovirus en moins de soixante jours : la situation place Princess Cruises sous une pression accrue de la part des autorités sanitaires américaines. Si aucun lien direct n’a été établi entre les deux épidémies, leur répétition rapprochée interpelle sur les protocoles de prévention en vigueur au sein de la flotte.
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