
À ce stade de développement, les chances de survie sont extrêmement faibles. « Un spécialiste nous a dit que le taux de survie pour une grossesse unique née à 22 semaines était vraiment faible », se souvient Tom, le père des deux enfants. La famille s’était préparée au pire : « Nous ne savions pas s’ils allaient naître en vie », confie Cat Gomez.
Dès les premières secondes, Oliver est pris en charge dans des conditions d’urgence. Il est transporté en soins intensifs placé dans un sac en plastique, dispositif médical destiné à maintenir sa température corporelle et son taux d’humidité, conditions indispensables à la survie d’un nouveau-né aussi fragile.
Le deuil du jumeau Joseph, en parallèle du combat d’Oliver
Si Oliver s’accroche à la vie, son frère jumeau Joseph, qui pesait 450 grammes à la naissance, ne survit pas. Il décède quatre jours après sa naissance des suites d’une hémorragie cérébrale, laissant ses parents dans un état de douleur et d’espoir mêlés.

Cat Gomez décrit avec une franchise poignante la complexité de ces émotions contradictoires : « C’est difficile d’être heureux pour les progrès que l’un des jumeaux fait, mais aussi triste pour ceux que l’autre jumeau ne pourra jamais faire. » Chaque avancée d’Oliver est ainsi vécue dans l’ombre du deuil de Joseph.
Cette double réalité — célébrer la vie d’un enfant tout en pleurant la perte de l’autre — a profondément marqué la famille, renforçant néanmoins leur détermination à accompagner Oliver dans son combat pour la vie.
La prématurité extrême, un défi médical majeur
On parle de grande prématurité lorsqu’un enfant naît avant 28 semaines de gestation, et de prématurité extrême en deçà de 26 semaines. À 22 semaines, le seuil de viabilité est à peine atteint, et les chances de survie sans séquelles graves restent très faibles. La prise en charge repose sur des unités de soins intensifs néonatals hautement spécialisées, dont les capacités ont considérablement progressé ces dernières décennies.
Douze transfusions et deux opérations : un parcours médical intense
Pour survivre, Oliver a nécessité une prise en charge médicale lourde et continue. Il a subi au total 12 transfusions sanguines, indispensables pour pallier l’immaturité de son organisme incapable de produire suffisamment de globules rouges.

Deux interventions chirurgicales ont également été nécessaires : une opération des yeux et une autre pour traiter une hernie bilatérale. Ces procédures, réalisées sur un nourrisson de quelques centaines de grammes, illustrent le niveau de spécialisation requis pour la prise en charge des grands prématurés.
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