Fille d’enseignants, elle envisageait naturellement de suivre leurs pas, mais ses parents l’ont encouragée à explorer d’autres voies. Elle a donc abordé Parcoursup méthodiquement, visitant des salons d’orientation et ciblant des formations sélectives : classes préparatoires B/L, doubles licences Histoire-science politique, CPES, IEP et Sciences Po. Des choix ambitieux qui semblaient pourtant à sa portée.

La Douche Froide : Quand L’Algorithme Ignore Le Mérite
Début juin 2024, le couperet tombe : 28 refus. « Je ne m’attendais pas à autant de refus. Surtout à certaines formations où je n’étais même pas placée en liste d’attente alors que, pour moi, elles étaient accessibles, comme la prépa B/L du lycée Lakanal », confie Mathilde. L’incompréhension se mêle à la déception face à ce verdict implacable.
Le choc est d’autant plus brutal qu’une élève de son établissement, au dossier similaire, a été acceptée dans cette même formation. « C’était dur à encaisser », reconnaît-elle. Cette incohérence révèle les failles d’un système dont les critères de sélection demeurent opaques, même pour les profils d’excellence.
Sur l’ensemble de ses candidatures ciblant des cursus sélectifs, seules deux propositions émergent : une CPGE B/L au lycée Jacques-Amyot et une licence de sociologie à Gustave-Eiffel. Un ratio dérisoire qui interroge la logique algorithmique de Parcoursup. La veille de la rentrée, le lycée Voltaire lui propose tardivement une place, mais le délai ne permet plus aucune organisation.
Contrairement à Mathilde qui gardait confiance, ses parents vivaient cette période avec une anxiété croissante. « Ils m’en parlaient tous les jours », témoigne-t-elle. Cette attente anxiogène illustre la pression psychologique que génère le système d’orientation sur les familles, même les plus préparées.
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