
Sur le plan judiciaire, trois enquêtes sont désormais ouvertes. À Paris, une information judiciaire a été ouverte pour tentative de viol et agression sexuelle après la plainte de Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, pour des faits allégués lors du festival du film français d’Acapulco en 1997. À Saint-Malo, le parquet instruit une affaire de viol pour des faits qui auraient eu lieu en 2012 lors du festival du film britannique de Dinard. En Belgique, une troisième enquête a été ouverte à la suite d’une plainte pour agression sexuelle déposée fin mars 2026 à Bruxelles.
Face à cette accumulation, l’avocat du chanteur a pris la parole auprès de France Télévisions. Il a déclaré que Patrick Bruel était « profondément attristé par les souffrances que l’on perçoit à la lecture des témoignages », tout en affirmant qu’il « n’a jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel » et « n’a jamais outrepassé un refus ». Le chanteur, qui clame son innocence, maintient que la justice tranchera si elle en est saisie.
Nice, 2013 : une bronca devant 35 000 supporters
C’était le 22 septembre 2013. L’OGC Nice inaugurait son nouveau stade, l’Allianz Riviera, l’une des enceintes les plus modernes de France à l’époque. Pour marquer l’événement, le club avait organisé une surprise musicale : Patrick Bruel, invité à interpréter quelques titres avant le match opposant Nice à Valenciennes. Une initiative qui allait rapidement tourner court.

Le problème : Patrick Bruel est un fervent supporter du Paris Saint-Germain, club que les supporters niçois considèrent comme un rival. Dès son entrée sur la pelouse, les sifflets ont fusé de toutes parts. Face à 35 000 spectateurs hostiles qui scandaient leur mécontentement, le chanteur n’a réussi à chanter que deux titres — Mon amant de Saint-Jean et Place des grands hommes — avant d’être contraint de quitter la scène sous une bronca nourrie, entre projectiles et chants d’hostilité. Les images avaient rapidement fait le tour du web.
Interrogé par Nice-Matin, Patrick Bruel avait livré une réaction empreinte de philosophie : « Cela a été un peu violent. À la base, tu viens chanter, t’es content, c’est la fête, le stade est sublime. Nice gagne 4-0 et tu te prends une telle bronca. » Il avait également confié que sa mère l’avait appelé dans la foulée pour lui rappeler qu’il avait lui-même été « fan de l’OGC Nice en 1972-73 ». « Je ne me suis pas senti attaqué en tant que chanteur », avait-il ajouté, refusant de dramatiser, tout en reconnaissant que l’épisode avait été « assez dur à vivre ».
Nice et le PSG : une rivalité exacerbée
L’OGC Nice nourrit une rivalité historique avec le Paris Saint-Germain, intensifiée depuis le rachat du club parisien par QSI en 2011 et l’afflux massif de ressources financières qui a suivi. Les supporters niçois, très attachés à leur identité régionale, vivent difficilement la domination croissante du club de la capitale dans le football français. En 2013, l’inauguration de l’Allianz Riviera s’inscrivait dans un élan de fierté locale particulièrement fort, ce qui a rendu la présence d’un supporter affiché du PSG d’autant plus mal perçue.
Une tournée maintenue face à une mobilisation croissante
Malgré la tempête médiatique et judiciaire, Patrick Bruel a officialisé une grande tournée intitulée Alors Regarde 35, programmée à partir d’octobre 2026 pour 57 dates dans plusieurs villes francophones, dont l’Arena de Reims et le Zénith de Paris.

Cette décision a suscité une mobilisation rapide. Le collectif Salon Féministe a lancé une pétition réclamant l’annulation de toutes les dates, qu’il a surnommée « la tournée de la honte ». En quelques jours seulement, la pétition a recueilli plus de 1 100 signatures, avec le soutien de plusieurs personnalités du monde de la culture, parmi lesquelles les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg, ainsi que la chanteuse Pomme.
Articles suggérés
195 € subtilisés, 19 ans d’ancienneté perdus: la justice valide le licenciement
Une caissière d'Auchan à Saragosse, en Espagne, a été licenciée sans indemnité après 19 ans de service, pour avoir soustrait 195 euros du portefeuille…

