Interrogé par Nice-Matin, Patrick Bruel avait livré une réaction empreinte de philosophie : « Cela a été un peu violent. À la base, tu viens chanter, t’es content, c’est la fête, le stade est sublime. Nice gagne 4-0 et tu te prends une telle bronca. » Il avait également confié que sa mère l’avait appelé dans la foulée pour lui rappeler qu’il avait lui-même été « fan de l’OGC Nice en 1972-73 ». « Je ne me suis pas senti attaqué en tant que chanteur », avait-il ajouté, refusant de dramatiser, tout en reconnaissant que l’épisode avait été « assez dur à vivre ».
Nice et le PSG : une rivalité exacerbée
L’OGC Nice nourrit une rivalité historique avec le Paris Saint-Germain, intensifiée depuis le rachat du club parisien par QSI en 2011 et l’afflux massif de ressources financières qui a suivi. Les supporters niçois, très attachés à leur identité régionale, vivent difficilement la domination croissante du club de la capitale dans le football français. En 2013, l’inauguration de l’Allianz Riviera s’inscrivait dans un élan de fierté locale particulièrement fort, ce qui a rendu la présence d’un supporter affiché du PSG d’autant plus mal perçue.
Une tournée maintenue face à une mobilisation croissante
Malgré la tempête médiatique et judiciaire, Patrick Bruel a officialisé une grande tournée intitulée Alors Regarde 35, programmée à partir d’octobre 2026 pour 57 dates dans plusieurs villes francophones, dont l’Arena de Reims et le Zénith de Paris.

Cette décision a suscité une mobilisation rapide. Le collectif Salon Féministe a lancé une pétition réclamant l’annulation de toutes les dates, qu’il a surnommée « la tournée de la honte ». En quelques jours seulement, la pétition a recueilli plus de 1 100 signatures, avec le soutien de plusieurs personnalités du monde de la culture, parmi lesquelles les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg, ainsi que la chanteuse Pomme.
Pour les signataires, maintenir ces concerts alors que des enquêtes judiciaires sont en cours envoie un signal problématique. « On ne peut pas ignorer dix-neuf femmes », ont-ils fait valoir, estimant que cette programmation ne devrait pas avoir lieu tant que la justice n’a pas pu travailler dans un climat serein.
Déprogrammer ou attendre la justice ? Un débat qui divise
La question de la déprogrammation s’est posée concrètement à Jullouville, dans la Manche, où Patrick Bruel est attendu le 24 juillet au festival des Grandes Marées. Le collectif #NousToutes a officiellement demandé son retrait de l’affiche, dénonçant une programmation indécente au regard des accusations qui pèsent sur le chanteur, et menaçant d’organiser une mobilisation visible sur place si sa venue était maintenue.
Articles suggérés
Retraite anticipée: ce que les nouvelles règles changent vraiment selon votre année de naissance
À partir du 1er septembre 2026, de nouvelles règles encadrent le dispositif de départ anticipé à la retraite pour carrière longue. Issues d'un projet…

