L’affaire depuis le début
La première plainte formelle connue contre Patrick Bruel a été déposée à Saint-Malo en septembre 2024, pour des faits allégués remontant à 2012. Depuis, plusieurs femmes ont pris la parole publiquement, portées notamment par des enquêtes journalistiques parues dans des médias comme Mediapart. L’artiste, dont la carrière s’étend sur plus de trente ans, n’avait jusqu’ici jamais fait l’objet de poursuites judiciaires.
Trois enquêtes ouvertes, une vingtaine de témoignages : une dimension judiciaire internationale
L’audition de Daniela Elstner s’inscrit dans un dossier judiciaire en rapide expansion. À Paris, une enquête pour tentative de viol et agression sexuelle a été ouverte le 14 avril 2026, directement liée à sa plainte du 12 mars. C’est la plus récente des trois procédures désormais en cours.

À Saint-Malo, une enquête pour viol a été ouverte après une plainte déposée le 30 septembre 2024. Les faits reprochés remontent à octobre 2012, en marge du Festival du film britannique de Dinard, dont Patrick Bruel assurait alors la présidence du jury.
En Belgique, une attachée de presse a déposé plainte pour une agression sexuelle présumée survenue en 2010 dans les locaux de la RTBF à Bruxelles. La justice belge a officiellement ouvert une enquête fin avril 2026, après enregistrement de la plainte dans l’arrondissement judiciaire de Mons.
Au-delà des procédures judiciaires formelles, les médias font état d’une vingtaine de femmes ayant dénoncé des comportements inappropriés ou des violences sexuelles de la part de l’artiste. Les révélations publiées par Mediapart ont joué un rôle déterminant dans l’accélération de l’affaire, encourageant plusieurs femmes à prendre publiquement la parole.
Patrick Bruel nie les faits, Daniela Elstner revendique sa démarche
Face à l’accumulation des témoignages et des procédures, Patrick Bruel maintient une position de contestation ferme. Par la voix de son avocat, Me Christophe Ingrain, le chanteur de 66 ans affirme « n’avoir jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel » et n’avoir « jamais outrepassé un refus ».

Sur les accusations précises de Daniela Elstner, Me Ingrain a déclaré que son client « s’il a pu chercher à séduire, à proposer, parfois de manière indirecte, une relation intime, il ne s’est jamais jeté sur qui que ce soit, ni dans une voiture, ni sur un parking, ni ailleurs ». Cette formulation distingue entre séduction et contrainte, sans répondre point par point aux faits matériels décrits par la plaignante.
De son côté, Daniela Elstner assume pleinement sa démarche malgré la probable prescription des faits. Elle explique vouloir contribuer à la libération de la parole et soutenir d’autres femmes qui pourraient se reconnaître dans son récit. Sa prise de position publique, pour une dirigeante du monde culturel habituellement discrète, est perçue comme un acte fort dans le contexte actuel.

