11 mai 2026 Flux personnalisé
Cuisine

Patrick Bruel : quinze nouvelles femmes témoignent, dont une bénévole des Enfoirés

Publicité

Le 7 mai 2026, Mediapart publie un second volet de son enquête sur Patrick Bruel : quinze nouvelles femmes décrivent des comportements sexuels non consentis sur une période allant de 1991 à 2019. Le nombre total de personnes ayant mis en cause le chanteur atteint désormais la trentaine, parmi lesquelles une adolescente mineure et une bénévole des Enfoirés dont le témoignage révèle l’intervention décisive d’un agent de sécurité. Le chanteur conteste l’ensemble des accusations portées contre lui.

Publicité

En bref

  • 15 nouvelles femmes témoignent dans l’enquête Mediapart du 7 mai 2026
  • Un vigile intervient en 2012 pour protéger une bénévole des Enfoirés
  • Une trentaine d’accusatrices au total, trois procédures judiciaires ouvertes

Quinze témoignages sur trois décennies de faits présumés

Quelques semaines après une première publication ayant recueilli les récits de huit femmes, Mediapart revient sur le dossier Patrick Bruel avec un second volet publié le 7 mai 2026. Quinze nouvelles accusatrices y décrivent des comportements survenus dans des contextes variés : en marge de concerts, lors de tournages, au cours de séances de massage ou à l’occasion de rencontres à caractère professionnel.

Quinze témoignages sur trois décennies de faits présumés
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Parmi ces quinze femmes, sept décrivent des relations sexuelles présentées comme non consenties. L’une d’elles, qui a choisi le pseudonyme Eva, affirme avoir eu 17 ans au moment des faits allégués, dans les années 1990. Elle décrit un épisode au cours duquel le chanteur se serait réveillé d’un état de somnolence alors qu’il remontait son pantalon — ce que Patrick Bruel conteste formellement.

Publicité
Publicité:

Face à l’ensemble de ces révélations, les avocats du chanteur, Mes Christophe Ingrain et Céline Lasek, ont répondu que les témoignages leur paraissaient « parfois contradictoires ou incohérents ». Patrick Bruel nie les faits qui lui sont reprochés dans cette enquête comme dans les précédentes.

La première enquête Mediapart

Avant le 7 mai 2026, Mediapart avait déjà publié une première enquête visant Patrick Bruel, recueillant les témoignages de huit femmes. C’est cet article initial, paru quelques semaines plus tôt, qui avait déclenché les premières procédures judiciaires et ouvert la voie à une prise de parole plus large. La deuxième enquête s’appuie sur de nouveaux entretiens menés indépendamment, avec quinze accusatrices supplémentaires.

Aux Enfoirés, l’intervention d’un vigile qui laisse des questions ouvertes

Camille — le prénom utilisé pour désigner cette accusatrice dans les médias — était bénévole lors des répétitions des Enfoirés en 2012, à l’âge de 21 ans. À l’issue d’une répétition, elle raconte que Patrick Bruel l’aurait invitée à le rejoindre dans sa loge.

Publicité:
Aux Enfoirés, l'intervention d'un vigile qui laisse des questions ouvertes
Image d’illustration © TOPTENPLAY

C’est alors qu’un agent de sécurité serait intervenu, prononçant une phrase rapportée ainsi : « Patrick, pas elle, c’est une bénévole. » Ce faisant, le vigile aurait opposé un refus à la place de la jeune femme, mettant fin à la situation avant toute agression physique.

Ce témoignage ne décrit pas une agression consommée, mais la formulation même de l’avertissement — « pas elle » — implique une forme de familiarité avec un schéma de comportement, sans qu’il soit possible aujourd’hui d’établir avec certitude ce que l’entourage du chanteur savait, ni depuis quand.

Publicité

Ce récit prend une résonance particulière par son contexte : les Enfoirés, spectacle caritatif organisé au profit des Restos du Cœur, incarnent publiquement des valeurs de solidarité et de bienveillance. La coexistence de cet environnement symbolique et des comportements allégués en coulisses n’a pas manqué d’alimenter le débat.

Publicité:

Une trentaine d’accusatrices et trois procédures judiciaires en cours

Les quinze nouveaux témoignages publiés par Mediapart s’ajoutent à ceux de la première enquête du média, aux quatre témoignages publiés par le magazine Elle, ainsi qu’à la prise de parole publique d’une attachée de presse belge. Au total, environ trente femmes ont mis en cause Patrick Bruel pour des faits couvrant près de trois décennies.

Une trentaine d'accusatrices et trois procédures judiciaires en cours
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sur le plan judiciaire, une information judiciaire pour tentative de viol a été ouverte à Paris. Mediapart précise qu’un tiers des quinze nouvelles accusatrices a déjà été entendu dans le cadre des procédures en cours, qui s’inscrivent dans un ensemble de trois enquêtes distinctes.

La présomption d’innocence s’applique pleinement à ce stade. Aucune condamnation n’a été prononcée. Les investigations sont conduites sous l’autorité du procureur de la République, et Patrick Bruel bénéficie, comme tout mis en cause, du droit à la défense et à contester les accusations.

Publicité:
~30
C’est le nombre de femmes ayant publiquement mis en cause Patrick Bruel depuis 1990, selon le cumul des enquêtes de Mediapart, des témoignages publiés par Elle et d’autres prises de parole directes.

La carrière se poursuit, mais la pression monte

Malgré l’ampleur des révélations, Patrick Bruel n’a suspendu aucun engagement artistique. Il continue de jouer la pièce Deuxième partie au Théâtre Édouard VII et prépare une tournée anniversaire autour de son album Alors regarde, dont les dates demeurent maintenues.

La carrière se poursuit, mais la pression monte
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le collectif féministe #NousToutes a lancé des pétitions réclamant l’annulation de plusieurs de ses concerts. Ces appels n’ont, à ce stade, pas été suivis par la majorité des programmateurs et diffuseurs culturels concernés, qui invoquent l’absence de condamnation judiciaire pour justifier leur décision.

Cette position relance un débat qui dépasse largement le cas individuel : quelle est la responsabilité des salles de spectacle et des organisateurs face à des accusations de cette nature, avant tout verdict ? En France, la question demeure sans réponse institutionnelle claire, et chaque nouvelle affaire la repose dans les mêmes termes.

Publicité:

L’affaire Patrick Bruel est désormais l’une des plus documentées du paysage judiciaire français dans le domaine des violences sexuelles présumées en milieu artistique. Une trentaine de femmes, des faits allégués sur près de trente ans, trois enquêtes judiciaires ouvertes : l’accumulation des témoignages dessine un tableau que ni la présomption d’innocence — intacte à ce stade — ni les dénégations du chanteur ne peuvent effacer du débat public. La suite appartient aux tribunaux. Elle appartient aussi, peut-être, aux acteurs du monde culturel, qui devront tôt ou tard répondre à la question que posent ces affaires : jusqu’où s’étend la responsabilité d’un diffuseur face à des accusations de cette ampleur ?

Publicité
Partager sur Facebook
Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité
Loading...