
Parmi les signataires figurent des noms reconnus du monde du spectacle et des médias : les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg, la chanteuse Pomme, et la journaliste Alice Coffin. De nombreuses représentations locales de l’association NousToutes ont également apporté leur soutien.
Le texte de la pétition interpelle directement les élus : « Nous invitons toutes les organisations féministes des villes en question, toutes les mairies qui affirment défendre les droits des femmes, à faire annuler la célébration d’un agresseur présumé et à soutenir ces femmes qui ont eu le courage de prendre la parole. » Cette initiative fait suite à une première demande formulée dès lundi par NousToutes, qui réclamait l’annulation d’un concert prévu dans la Manche en juillet.
Trois enquêtes judiciaires et les témoignages de huit femmes
L’affaire judiciaire est multiple. Une première enquête est instruite au parquet de Saint-Malo pour viol, après une plainte déposée le 30 septembre 2024 pour des faits présumés remontant à octobre 2012, en marge du Festival du film britannique de Dinard.

Une deuxième procédure a été ouverte à Paris en mars 2026, après le dépôt d’une plainte pour tentative de viol et agression sexuelle par Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance — l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger. Les faits allégués remonteraient à novembre 1997, lors du Festival du film français d’Acapulco, au Mexique.
Une troisième enquête a par ailleurs été ouverte en Belgique, à la suite d’une plainte enregistrée fin mars pour agression sexuelle commise à Bruxelles. Le 18 mars 2026, le média d’investigation Mediapart avait publié les témoignages de huit femmes décrivant des faits présumés s’étalant entre 1992 et 2019, donnant une ampleur nouvelle à cette affaire.
Comment l’affaire a éclaté
C’est le site d’investigation Mediapart qui a mis le feu aux poudres le 18 mars 2026, en publiant les témoignages de huit femmes décrivant des comportements présumés de Patrick Bruel entre 1992 et 2019. Dans les jours qui ont suivi, trois plaintes ont été déposées en France et en Belgique, entraînant l’ouverture d’autant d’enquêtes judiciaires. L’affaire a aussitôt déclenché un mouvement de pression sur les organisateurs de la tournée.
La présomption d’innocence au cœur d’un débat de société
La pétition ne cherche pas à contourner le principe juridique fondamental : ses auteurs reconnaissent eux-mêmes que Patrick Bruel « est bien sûr présumé innocent ». Mais ils posent une question de fond : « Comment la justice pourrait-elle statuer sereinement tandis que le chanteur se produit sur toutes les scènes francophones ? »

Cette tension entre présomption d’innocence et responsabilité culturelle traverse régulièrement le débat public en France depuis l’émergence du mouvement #MeToo. Elle oppose le droit d’un individu à continuer d’exercer son activité professionnelle, tant qu’aucune condamnation n’est prononcée, à la portée symbolique que représente une scène publique accordée à une personnalité visée par plusieurs plaintes.
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