C’est fin mars 2026 qu’elle a déposé une nouvelle plainte, cette fois dans son secteur de résidence en Wallonie, avant que le dossier soit transmis au parquet de Bruxelles. Ce délai de seize ans entre les faits allégués et la plainte active illustre un mécanisme bien documenté dans les affaires de violences sexuelles en milieu professionnel.
La parole qui se libère tardivement
Dans les affaires de violences sexuelles en milieu professionnel, les délais entre les faits allégués et le dépôt de plainte sont souvent très longs. La crainte des représailles, le rapport de notoriété entre victime et mis en cause, ou le simple manque de soutien institutionnel expliquent ce silence. La prescription en matière de viol est de 30 ans en France à compter de la majorité de la victime, ce qui permet juridiquement de porter plainte plusieurs décennies après les faits.
Un historique judiciaire qui remonte à 2020
L’affaire belge et les nouvelles enquêtes françaises ne sont pas les premières à cibler Patrick Bruel. En 2020, deux femmes avaient déposé des plaintes contre le chanteur : l’une pour agression sexuelle lors d’une séance de massage dans un hôtel de Perpignan en juillet 2019, l’autre pour exhibitionnisme et harcèlement sexuel dans un hôtel en Corse. Ces deux procédures avaient été classées sans suite par le parquet de Nanterre en décembre 2020, faute de preuves suffisantes.

En 2021, une troisième plainte avait été déposée par Ophélie Fajfer. Elle aussi avait été classée sans suite par le parquet de Nanterre, en 2022. Ces classements successifs semblaient alors clore provisoirement le dossier.
Depuis, la situation a radicalement changé. Au total, au moins huit témoignages de violences sexuelles impliquant Patrick Bruel ont été recensés par des médias français et belges. Les accusations couvrent une période allant de 1997 à 2012, selon les éléments aujourd’hui connus des enquêteurs.
Patrick Bruel conteste tout et maintient sa ligne de défense
Face à cette accumulation de procédures, Patrick Bruel a répondu par l’intermédiaire de son avocat Christophe Ingrain. Sa déclaration est sans ambiguïté : «Je n’ai jamais cherché à contraindre quelqu’un à un acte sexuel», et il affirme n’avoir «jamais dépassé un refus, jamais forcé un geste ou une relation sexuelle».
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