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9 septembre 2026
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Permis fantôme : il conduit 46 ans sans exister dans les fichiers de l’État

Pour Philippe, l’incertitude pèse au quotidien. Il décrit avoir la sensation d’une « épée de Damoclès » suspendue au-dessus de sa tête : celle d’un contrôle routier qui, cette fois, déboucherait sur une procédure judiciaire. Un risque bien réel pour quelqu’un dont le dossier reste en suspens depuis bientôt deux ans.

Deux ans dans l’attente : que faire si votre permis n’existe pas pour l’État ?

Depuis août 2024, Philippe a entrepris les démarches nécessaires pour régulariser sa situation. La procédure passe par la préfecture de la Sarthe, département où son permis avait été délivré en 1978. Mais près de deux ans après le début des démarches, son dossier n’est toujours pas clôturé.

Deux ans dans l'attente : que faire si votre permis n'existe pas pour l'État ?
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Cette attente illustre la lenteur de l’administration face à des situations atypiques pour lesquelles aucune procédure standardisée n’est prévue. Retrouver une archive papier vieille de plusieurs décennies, la vérifier, puis l’intégrer dans les systèmes actuels : le processus peut prendre des mois, voire des années.

Pour les conducteurs détenteurs d’un permis antérieur aux années 1990, les experts recommandent de vérifier dès maintenant l’existence de leur dossier sur le portail de l’ANTS. En cas d’absence dans les fichiers, il convient de se rapprocher de la préfecture du département où le permis a été délivré. Mieux vaut découvrir le problème soi-même qu’à l’occasion d’un contrôle ou, pire, d’un accident.

Le cas de Philippe est à la fois improbable et révélateur. Derrière une anecdote en apparence pittoresque se cache un dysfonctionnement structurel : la numérisation des archives administratives engagée dans les années 1990 n’a pas été menée à son terme partout. Des conducteurs parfaitement en règle sur le fond peuvent aujourd’hui se retrouver dans une situation juridique précaire, sans en avoir conscience. À l’heure où la dématérialisation des titres — dont le permis de conduire numérique — s’accélère, la question de l’exhaustivité et de la fiabilité des bases de données existantes mérite d’être posée avec sérieux.

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