
Ce rejet de la petite finale n’est pas propre aux Bleus. De l’autre côté, Thomas Tuchel a été tout aussi direct après l’élimination de l’Angleterre par l’Argentine: « Personne n’a envie de jouer ce match. »
Dans ce contexte, un profond turnover est attendu dans le onze français, à l’image de ce qui s’était produit lors des précédentes petites finales disputées par les Bleus, en 1982 et en 1986.
Deux précédents douloureux pour les Bleus
La France n’a disputé que deux petites finales de Coupe du monde avant celle-ci: en 1982 en Espagne, perdue 3-2 face à la Pologne, et en 1986 au Mexique, remportée face à la Belgique. Les deux fois, la demi-finale perdue avait laissé des séquelles profondes dans le groupe, avec une démotivation largement documentée par les témoignages des joueurs de l’époque.
1982: Platini et les titulaires ne voulaient plus jouer après le choc Battiston
Le précédent de Séville en 1982 est le plus douloureux. Après la demi-finale perdue aux tirs au but contre l’Allemagne de l’Ouest — alors que la France menait de deux buts en prolongation —, la blessure grave de Patrick Battiston, victime d’un choc avec le gardien allemand Harald Schumacher, avait laissé des traces profondes.

Bruno Bellonne, qui a participé aux deux petites finales, a raconté à RMC l’atmosphère de l’époque: « Platini et les titulaires ne voulaient plus jouer. Ils étaient dégoûtés par le choc subi par Battiston et ils voulaient qu’on parte. Mais nous, les remplaçants on avait à cœur de jouer ce match. »
Michel Hidalgo avait néanmoins tenté de remotiver son groupe. René Girard se souvient: « Il nous a dit de nous faire plaisir et qu’on n’avait pas le droit de laisser tomber, en portant le maillot français. » Cela n’avait pas suffi: la France s’était inclinée face à la Pologne sur le score de 3-2.
1986: la troisième place arrachée, mais « la médaille que personne ne veut vraiment »
Quatre ans plus tard, au Mexique, les Bleus avaient réussi à décrocher la troisième place en battant la Belgique. Mais l’amertume restait présente.

Jean-Marc Ferreri, qui faisait partie de cette équipe, résume ce paradoxe: « On voulait tous aller au bout et avoir le titre de champion du monde. Et quand tu t’arrêtes comme ça, que tu finis 3e, tu es aux portes du bonheur. Une médaille de bronze, c’est la médaille que personne ne veut vraiment. »
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