
Ce geste public était pleinement assumé et préparé. Pierre Cousein avait distribué aux journalistes présents des papillons — devenu selon lui le «symbole de sa vie» — en leur glissant: «Mon ami vous en a fait toute une ribambelle, donc si vous souhaitez le porter jeudi, je serais vivant parmi vous.»
Le jeudi 24 avril, à 13h30, il s’est éteint «conformément à sa volonté», «entouré de ses proches, à qui il avait demandé de porter, comme lui mardi, un papillon à la boutonnière», a indiqué l’animatrice à l’antenne.
Sur le plateau, l’hommage ému d’une équipe en deuil
Ce jeudi, toute l’équipe de C à vous arborait le papillon. Anne-Élisabeth Lemoine a ouvert l’hommage avec ces mots: «Il y a des promesses qui sont plus douloureuses que d’autres à tenir.»

Patrick Cohen a salué «un témoignage que nous ne sommes pas près d’oublier», soulignant: «Approcher la mort publiquement, d’aussi près, n’est jamais anodin, surtout quand celui qui a décidé d’y aller paraît aussi vivant, aussi apaisé et déterminé.»
Le journaliste a ajouté: «Il avait programmé sa fin de vie pour qu’elle soit la plus belle possible. […] C’était son choix. Il est discutable, mais c’était le sien. Il ne souhaitait l’imposer à personne d’autre, il voulait juste qu’on en parle.»
La fin de vie en débat au Parlement
La France ne dispose pas, à ce jour, d’un cadre légal autorisant l’aide active à mourir sur son territoire. La Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale travaillait sur un projet de loi relatif à la fin de vie, dont les débats devaient reprendre le 28 avril 2025. En l’absence de législation française, certains patients atteints de maladies graves se tournent vers la Belgique, où l’euthanasie est légalement encadrée depuis 2002.
Un débat législatif qui se poursuit sans lui
Pierre Cousein ne verra pas l’issue des travaux parlementaires qu’il souhaitait voir avancer. La Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale devait reprendre ses débats sur la fin de vie dès le lundi 28 avril, soit quatre jours après sa mort.

Son choix de se rendre en Belgique, pays où l’aide à mourir est légalement encadrée, témoigne du vide juridique qui subsiste en France pour les personnes souhaitant disposer de cette option sur leur territoire.
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