Cette pratique n’est pas laissée à la discrétion de chaque compagnie. Les réglementations aéronautiques imposent aux exploitants de mettre en place des programmes de formation permettant à leurs équipages de détecter tout comportement anormal et de le signaler au commandant de bord, qui prend la décision finale d’autoriser ou non l’embarquement du passager concerné.
Une profession avant tout tournée vers la sécurité
Contrairement à l’image véhiculée par leur uniforme soigné, les hôtesses de l’air et stewards sont avant tout des professionnels de la sécurité aérienne. Leur formation initiale, encadrée par les autorités de l’aviation civile, inclut obligatoirement des modules de gestion des comportements suspects, d’évacuation d’urgence et de premiers secours. Le service en cabine n’est qu’une composante de leur mission.
Passagers ivres ou agités : une menace à neutraliser avant le décollage
La raison de ce filtrage à l’embarquement est fondamentalement logique : une fois l’avion en vol, il n’existe aucune possibilité de débarquer un passager qui pose problème. Toute intervention à bord mobilise l’équipage, perturbe les autres voyageurs et, dans les cas les plus graves, contraint le commandant à dérouiller l’appareil vers un aéroport de dégagement.

Les chiffres confirment l’ampleur du problème. En 2024, les compagnies aériennes du monde entier ont recensé 2 102 incidents impliquant des passagers perturbateurs, soit une hausse de 1 % par rapport à 2023. Cela représente désormais un incident pour chaque 395 vols effectués.
L’alcool est de loin le facteur le plus fréquemment en cause. Une étude portant sur les incidents de type air rage survenus entre 2000 et 2020 établit que l’alcool était impliqué dans 55,7 % des cas. Une enquête menée auprès de 4 000 membres de cabine révèle par ailleurs que la majorité d’entre eux ont déjà été témoins de comportements abusifs — verbaux, physiques ou sexuels — de la part de passagers en état d’ivresse.
Les conséquences opérationnelles sont lourdes. Dans 35,5 % des incidents air rage, l’avion a dû être dérouté, engendrant des coûts considérables pour la compagnie, ainsi qu’un impact direct sur les centaines d’autres passagers à bord.
Repérer les « alliés » : une seconde mission méconnue
Le filtrage à l’embarquement ne se limite pas à écarter les passagers à risque. Simultanément, le personnel navigant mène une mission d’identification positive : repérer, parmi les voyageurs, ceux qui pourraient constituer des ressources précieuses en cas d’urgence à bord.
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