
La consommation de protéines animales suit une trajectoire similaire. En 2025, 11,2 % des ménages déclarent ne pas pouvoir s’offrir régulièrement de la viande ou du poisson, contre 7,3 % en 2020. En cinq ans, la part de la population qui se prive de protéines lors des repas a progressé de plus de 50 %.
Le poste vacances reste le renoncement le plus répandu : 22,2 % des personnes interrogées déclarent ne pas avoir les moyens de s’offrir au moins une semaine de congés par an. Ce taux demeure relativement stable dans le temps, témoignant d’une privation ancienne et structurelle pour une large partie de la population.
Chômeurs, familles monoparentales : les profils les plus exposés
Les inégalités face à la privation sont frappantes selon le statut professionnel. 35 % des chômeurs se trouvent en situation de privation matérielle et sociale, contre seulement 9 % des personnes en emploi et 9 % des retraités. L’absence d’activité professionnelle constitue le facteur de risque le plus déterminant, dans des proportions qui dépassent de loin tout autre critère.

Les structures familiales jouent également un rôle majeur. 30 % des personnes vivant dans une famille monoparentale sont concernées par la privation — soit plus du double de la moyenne nationale. Ces foyers, souvent composés d’un adulte seul avec un ou plusieurs enfants, cumulent des revenus réduits, des frais de garde élevés et des loyers proportionnellement plus lourds à porter.
La taille de la famille amplifie aussi les difficultés. 20 % des couples ayant trois enfants ou plus se trouvent en situation de privation, contre seulement 8 % des couples avec un ou deux enfants. Ce différentiel illustre l’effet de seuil que représente l’arrivée d’un troisième enfant pour les ménages aux revenus modestes, quand les aides sociales ne compensent qu’insuffisamment les dépenses supplémentaires.
Inflation, réformes sociales : les causes d’une dégradation continue
Plusieurs facteurs structurels expliquent la progression ininterrompue de la privation depuis 2020. L’inflation persistante des années 2022 à 2024 a fortement érodé le pouvoir d’achat des ménages modestes, dont les revenus n’ont pas progressé au même rythme que les prix de l’alimentation et de l’énergie — précisément les deux postes que l’étude INSEE identifie comme les plus en recul.
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