Au cœur de la fracture : la question de la modulation du forfait selon les ressources du détenu. La piste suggérée par Christophe Naegelen — ajuster le montant en fonction des revenus, du patrimoine ou des ressources personnelles de chaque incarcéré — est précisément celle qui concentre le plus de résistances. Car derrière l’équation financière se profile une interrogation plus profonde : peut-on tarifer la peine sans en dénaturer le sens ?
Les opposants au texte soulèvent des enjeux de justice sociale difficilement contournables. Une majorité de détenus étant issus de milieux défavorisés, un forfait journalier — même modulé — risque d’alourdir une précarité déjà sévère à la sortie de prison, compromettant les chances de réinsertion.
32 euros par jour : un chiffre qui paraît modeste au regard des 128 euros supportés par l’État, mais qui représente bien davantage qu’une simple ligne budgétaire. Il incarne une vision du système pénitentiaire — entre logique réparatrice et impératif de réhabilitation — que l’hémicycle devra trancher sans esquiver les contradictions qu’elle révèle.
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