📌 Procès de Mazan : Gisèle Pélicot répond aux accusations de complicité et revendique que la honte change de camp

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Posted 17 février 2026 by: Admin #Actualité

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« Je Suis Une Femme Totalement Détruite » : le Témoignage Fracassant de Gisèle Pélicot Face à la Cour

Le 23 octobre, la cour criminelle de Vaucluse retient son souffle. Gisèle Pélicot, 71 ans, droguée à son insu et violée pendant une décennie par des dizaines d’inconnus recrutés par son propre mari, prend la parole. Sa voix porte une douleur sans fond, mais aussi une conviction inébranlable.

« Je suis une femme totalement détruite », déclare-t-elle devant une salle suspendue à ses lèvres. Cette phrase, nue et sans détour, résonne comme un séisme dans l’enceinte judiciaire. Pourtant, c’est précisément dans cet aveu de destruction que se révèle une force peu commune.

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Car Gisèle Pélicot a fait un choix délibéré : lever le huis clos. Non par goût de l’exposition, mais par calcul stratégique au service d’une cause qui dépasse son seul cas. Elle le formule sans ambiguïté : « que toutes les femmes qui sont victimes de viol se disent ‘Madame Pélicot l’a fait, on peut le faire’ ».

Son message central touche à la honte — ce mécanisme silencieux qui paralyse les victimes. « Je ne veux plus qu’elles aient honte. La honte, ce n’est pas à nous de l’avoir, c’est à eux. » En quelques mots, elle renverse une dynamique aussi vieille que l’impunité elle-même.

Cette prise de parole historique n’est pourtant que le premier front d’un combat bien plus âpre. Car dans ce même prétoire, Gisèle Pélicot allait devoir affronter quelque chose d’aussi dévastateur : la tentative organisée de la désigner elle-même comme coupable.

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« Alcoolique, Complice, Consentante » : la Mécanique de Stigmatisation à l’Œuvre Contre la Victime

Dans ce même prétoire où elle venait de renverser la logique de la honte, Gisèle Pélicot a dû faire face à une offensive d’une autre nature — plus insidieuse, plus calculée.

« On m’a dit que j’étais complice, consentante. On a même essayé de me dire que j’étais alcoolique. Il faut être solide pour être devant cette cour criminelle. » Ces mots, prononcés avec une lucidité glaçante, révèlent la mécanique classique du retournement de culpabilité : transformer la victime en accusée.

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Au cœur de cette stratégie, les femmes de l’entourage des prévenus. Épouses, mères, sœurs — elles ont défilé à la barre pour attester du caractère « exceptionnel » de leurs proches. Gisèle Pélicot les a observées, puis répondu sans détour : « Moi, j’avais le même à la maison. » Une phrase qui dit tout sur l’invisibilité du prédateur ordinaire.

Car c’est précisément cet angle qu’elle choisit d’attaquer : « Le violeur n’est pas celui qu’on rencontre dans un parking, tard le soir. » En une seule formule, elle dynamite des décennies de représentations erronées sur la figure du violeur, renvoyant la responsabilité là où elle appartient.

Face à ces tentatives de déstabilisation, Gisèle Pélicot n’a pas vacillé. Une résistance qui allait se prolonger jusqu’au cœur même du prétoire, notamment lorsque certains accusés ont cru pouvoir clore leur acte par quelques mots d’excuses.

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Les Excuses des Accusés Jugées « Inaudibles » : Gisèle Pélicot Refuse la Mascarade

Certains accusés ont cru que quelques mots d’excuses suffiraient à refermer la plaie. Gisèle Pélicot leur a opposé un démenti cinglant.

« Elles sont inaudibles. Car, quand ils s’excusent, ils s’excusent eux-mêmes. » En une seule phrase, elle démonte la logique d’une contrition qui, sous couvert de remords, ne sert qu’à alléger le poids de la condamnation. Pas de réhabilitation possible pour la victime dans ces excuses-là — uniquement une stratégie de défense déguisée en geste moral.

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Ce refus de cautionner la mascarade révèle une lucidité que dix ans de traumatisme n’ont pas entamée. Gisèle Pélicot distingue avec précision ce qui relève du calcul judiciaire et ce qui constituerait une véritable reconnaissance du crime. Les deux ne se ressemblent pas.

Plus encore, elle récuse jusqu’à l’étiquette de « courageuse » que le public lui accole spontanément. « Ce n’est pas du courage, c’est de la volonté et de la détermination pour faire avancer cette société. » Une nuance capitale : le courage suggère une exception individuelle, là où la détermination implique un objectif collectif. Elle ne témoigne pas pour elle seule — elle témoigne pour transformer.

En reprenant ainsi le contrôle du récit face aux stratégies de la défense, Gisèle Pélicot prépare le moment le plus attendu du procès : celui où, à quelques mètres de distance, elle va se tourner directement vers l’homme qui a tout orchestré.

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« Tu As Choisi les Bas-Fonds de l’Âme Humaine » : la Confrontation Ultime avec Dominique Pélicot

Ce moment, Gisèle Pélicot s’y était préparée pendant quatre ans. Face à l’homme qui a orchestré dix ans de viols, les mots qu’elle a choisis sont d’une précision chirurgicale.

« Je me suis préparée pendant quatre ans à ce procès. Mais je n’ai toujours pas compris pourquoi. » L’aveu d’une incompréhension qui résiste à tout — au temps, aux révélations, aux aveux de Dominique Pélicot lui-même. Certaines trahisons dépassent l’entendement.

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Elle l’interpelle alors directement, les yeux rivés sur lui : « Comment as-tu pu faire entrer des individus dans ma chambre à coucher ? Tu connaissais mon aversion pour l’échangisme. » Puis, avec une intensité déchirante, elle convoque ce que leur vie commune représentait — trois enfants, sept petits-enfants — pour mesurer l’abîme de la trahison.

« Je ne sais pas si ma vie suffira pour arriver à comprendre. » Une phrase qui dit tout sur l’irréparable.

Mais c’est sa conclusion qui frappe comme un verdict moral : « Moi, j’ai toujours essayé de te tirer vers le haut, vers la lumière. Toi, tu as choisi les bas-fonds de l’âme humaine. » En une seule réplique, elle trace la ligne définitive entre deux trajectoires de vie — et s’approprie, sans ostentation, la dignité que dix ans de crimes ont tenté de lui arracher.

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