C’est une personnalité politique qui avance sur deux fronts à la fois. Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, sera jugée en septembre 2026 pour corruption passive dans l’affaire Renault-Nissan — une procédure ouverte en 2019 qui a abouti à son renvoi en correctionnelle en juillet 2025. Dans le même temps, elle a choisi de briser pour la première fois le silence sur sa vie amoureuse, révélant dans un podcast une relation ancienne, discrète et pleinement assumée.
En bref
- —Procès fixé aux 16-28 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris
- —900 000 euros auraient été perçus via une filiale néerlandaise de Renault-Nissan
- —Elle confirme être en couple ; l’identité de son compagnon reste secrète
Une figure politique rattrapée par la justice
Rachida Dati est l’une des personnalités les plus connues de la droite française. Ancienne garde des Sceaux sous Nicolas Sarkozy, eurodéputée de 2009 à 2019, puis maire du 7e arrondissement de Paris, elle s’est imposée comme un visage familier du paysage politique depuis le début des années 2000.

Mais depuis 2019, une procédure judiciaire pèse sur elle. L’affaire Renault-Nissan, dans laquelle elle est mise en cause aux côtés de l’ancien patron du groupe Carlos Ghosn, a progressivement pris de l’ampleur au fil de l’instruction. En juillet 2025, elle a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption passive et recel d’abus de pouvoir.
Le procès est désormais daté : il se tiendra du 16 au 28 septembre 2026, réparti sur six demi-journées d’audience. Pour Rachida Dati, qui clame son innocence depuis le début de l’affaire, ces semaines seront décisives.
L’affaire Renault-Nissan en bref
L’instruction judiciaire a été ouverte en 2019, après que des enquêteurs ont établi un lien entre des honoraires perçus par Rachida Dati et des fonds du groupe Renault-Nissan alors dirigé par Carlos Ghosn. Ce dernier avait lui-même été mis en cause au Japon pour des malversations financières avant de fuir au Liban en décembre 2019. L’affaire française s’inscrit dans un contexte plus large d’accusations de détournements liés à l’ère Ghosn à la tête de l’alliance automobile.
900 000 euros : ce que lui reprochent les juges
Au cœur du dossier, une somme : 900 000 euros. C’est le montant que Rachida Dati aurait perçu entre 2010 et 2012 via RNBV, une filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan. Le versement reposait sur un contrat d’honoraires signé le 28 octobre 2009, en sa qualité d’avocate conseil.

Les juges d’instruction estiment qu’elle n’a pas réellement accompli le travail juridique facturé. Selon eux, son activité au Parlement européen « s’apparentait à du lobbying » en faveur du constructeur automobile — une activité jugée incompatible avec son mandat d’eurodéputée et avec les règles déontologiques de sa profession d’avocate.
Son co-prévenu, Carlos Ghosn, est quant à lui en fuite au Liban depuis sa spectaculaire évasion du Japon en décembre 2019. Visé par un mandat d’arrêt international depuis avril 2023, il est poursuivi pour corruption active, abus de biens sociaux et abus de confiance. Sa présence à l’audience de septembre 2026 reste donc très incertaine.
Une défense résolue, qui conteste la procédure
Face aux accusations, Rachida Dati maintient une ligne constante : le travail juridique facturé à Renault-Nissan était réel et pleinement conforme à son activité d’avocate. Ses conseils contestent par ailleurs l’idée qu’un éventuel lobbying au Parlement européen aurait pu présenter un quelconque intérêt pour Carlos Ghosn.

Sur le plan procédural, ses avocats annoncent le dépôt de requêtes en nullité dès l’ouverture des débats. Ils ont notamment mis en cause les conditions dans lesquelles les perquisitions ont été menées, estimant que les règles encadrant ces opérations n’avaient pas été scrupuleusement respectées.
Transparency International France a, pour sa part, affiché une position radicalement opposée. Lors du renvoi en correctionnelle, en juillet 2025, l’organisation a publiquement dénoncé ce qu’elle perçoit comme des « attaques contre la justice », appelant à une exigence d’exemplarité pour les élus mis en cause.

