Partie en 2019, elle reconnaît avoir été épuisée lors de ses dernières années en activité. « Au fil des années à bord des trains, j’ai vu le nombre d’agressions verbales augmenter significativement », confie-t-elle. Cette dégradation progressive de ses conditions de travail a été déterminante dans sa décision de saisir la première opportunité de départ.
Pourquoi un régime spécial à la SNCF ?
Les régimes spéciaux de retraite ont été conçus pour des secteurs jugés pénibles ou d’utilité publique, à une époque où le régime général n’existait pas encore. Celui de la SNCF, instauré en 1938, était justifié par les contraintes du travail ferroviaire et le statut d’agent de service public. Aujourd’hui, si le régime subsiste juridiquement, il est progressivement aligné sur les règles du droit commun à la faveur des réformes successives.
Pension, calcul et indemnité : ce que touche concrètement un retraité SNCF
En fin de carrière, Evelyne percevait 2 900 euros bruts par mois (soit environ 2 200 euros nets), primes incluses. À son départ en 2019, sa pension a été fixée à 2 150 euros bruts, ce qui représente 1 950 euros nets mensuels — un niveau de remplacement nettement supérieur à ce que permet le régime général.

La clé de cet avantage tient au mode de calcul. Contrairement aux salariés du privé, dont la retraite est établie sur les 25 meilleures années de carrière, les agents SNCF voient la leur calculée sur les six derniers mois de salaire. Le taux plein est par ailleurs fixé à 75 % du salaire de référence — là aussi supérieur au régime général.
S’ajoute à cela une indemnité de départ équivalente à un mois de salaire, versée aux agents justifiant d’au moins 25 ans de service — soit environ 2 900 euros pour Evelyne. En 2026, la pension brute moyenne d’un retraité SNCF s’établit à 2 298,50 euros par mois, en légère hausse par rapport à l’année précédente.
Réforme 2023 : l’âge de départ à 57 ans appartient désormais au passé
Le décret du 20 octobre 2023 a transposé la réforme des retraites au régime spécial SNCF. Ses effets concrets sur l’âge de départ et la durée de cotisation sont entrés en vigueur le 1er janvier 2025. Les agents en activité aujourd’hui ne peuvent plus espérer partir dans les mêmes conditions qu’Evelyne, qui a quitté l’entreprise six ans plus tôt.
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