Ce raccourci occulte pourtant une réalité arithmétique simple : un déficit de 5 % du PIB, même en baisse, creuse encore davantage la dette. Les comptes se dégradaient moins vite — mais ils se dégradaient toujours. Ce glissement sémantique, délibéré ou non, est aujourd’hui au cœur des querelles sur la responsabilité des gouvernements successifs dans l’accumulation de la dette française.
Le débat autour du bilan budgétaire de Nicolas Sarkozy illustre un travers récurrent de la vie politique française : la confusion entre flux annuels et stock cumulé, exploitée pour redorer ou noircir un bilan selon les besoins du moment. Les faits sont têtus : en cinq ans, la dette publique a progressé de plus de 616 milliards d’euros, portant le ratio dette/PIB de 64,5 % à 90,6 %. Même Frédéric Péchenard, l’un des plus proches collaborateurs de l’ex-président, ne le conteste pas. Dans une France où la dette approche désormais les 117,4 % du PIB et où les marges budgétaires se réduisent chaque année, cette mise au point n’est pas seulement utile — elle est nécessaire.

