📌 Sartrouville : un octogénaire tué sur un passage piéton par un véhicule de la BAC
Posted 24 avril 2026 by: Admin
Un homme de 81 ans est mort mercredi 23 avril 2026 à Sartrouville, dans les Yvelines, après avoir été percuté par un véhicule de la Brigade anti-criminalité alors que les policiers étaient engagés dans une course-poursuite. La victime, El Hajj El Bachiri, traversait sur un passage piéton au moment du choc. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la police nationale.
En bref
- —Un homme de 81 ans tué sur un passage piéton à Sartrouville
- —La BAC poursuivait un véhicule en refus d’obtempérer
- —L’IGPN saisie, enquête pour homicide involontaire ouverte
Une rixe signalée, une poursuite engagée, un drame au carrefour
Tout commence en début de soirée par un signalement pour rixe devant un lycée de Cormeilles-en-Parisis, dans le Val-d’Oise. Des policiers de la Brigade anti-criminalité interviennent et prennent en chasse un véhicule dont les occupants — identifiés comme des jeunes de Sartrouville, circulant en direction des Yvelines depuis Argenteuil — refusent d’obtempérer et tentent de fuir.

La course-poursuite se prolonge jusqu’à l’avenue Robert-Schuman à Sartrouville. Vers 22h50, le véhicule de la BAC, lancé à vive allure, aborde le rond-point situé à proximité de la Grande Mosquée de Sartrouville. C’est à cet endroit précis que le drame se produit, faisant d’un passant innocent la victime collatérale d’une opération de police.
El Hajj El Bachiri, 81 ans : une vie fauchée en traversant la rue
El Hajj El Bachiri, octogénaire résidant à Sartrouville, venait de quitter la mosquée Ennour lorsque la tragédie s’est produite. Il s’engageait sur un passage piéton — en toute légalité — quand le véhicule de police l’a percuté de plein fouet. L’impact est d’une forte cinétique, selon les sources proches de l’enquête.

Les secours sont intervenus rapidement, mais l’homme se trouvait en arrêt cardio-respiratoire à leur arrivée. Malgré les tentatives de réanimation du Samu, son décès a été constaté sur place. El Hajj El Bachiri est la seule victime de cet accident.
Le président de l’association culturelle musulmane de Sartrouville a adressé ses condoléances à la famille du défunt et confirmé avoir pris contact avec les autorités à la suite du drame.
L’IGPN saisie, une enquête pour homicide involontaire ouverte
Le conducteur du véhicule de la BAC, âgé de 32 ans, a été pris en charge sur place par les services d’urgence. Visiblement en état de choc, il a fait l’objet d’un contrôle d’alcoolémie dont le résultat est revenu négatif.

Le parquet de Versailles a ouvert une procédure pour homicide involontaire par conducteur d’un véhicule terrestre à moteur à la suite d’un accident de la route mortel. L’enquête a été confiée à la délégation parisienne de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
C’est à cet organisme qu’il reviendra de déterminer si les policiers ont respecté les procédures en vigueur lors de l’engagement de la poursuite, et si les conditions d’intervention étaient conformes aux protocoles de sécurité applicables.
L’IGPN, la « police des polices »
L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) est l’organe de contrôle interne chargé d’enquêter sur les fonctionnaires de police mis en cause. Elle est automatiquement saisie en cas de mort ou de blessure grave impliquant des agents en intervention. Ses conclusions sont transmises au parquet compétent, qui décide des suites pénales à donner.
Les refus d’obtempérer, un phénomène en hausse qui met des vies en danger
Ce drame s’inscrit dans un contexte préoccupant. En 2025, près de 28 000 refus d’obtempérer ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire français, soit une hausse de 11 % en un an. Cela représente, en moyenne, un incident de ce type toutes les vingt minutes.

Parmi ces infractions, 22 % sont qualifiées d’aggravées, car elles exposent directement autrui à un risque de mort ou de blessures permanentes. Les auteurs sont à 97 % des hommes, majoritairement âgés de moins de 30 ans.
La question des conditions d’engagement des courses-poursuites revient régulièrement dans le débat public. Si les forces de l’ordre sont habilitées à poursuivre des véhicules récalcitrants, ces situations exposent aussi bien les agents que les civils à des risques graves, comme le rappelle douloureusement le drame de Sartrouville.
La mort d’El Hajj El Bachiri soulève une question récurrente : dans quelles conditions une course-poursuite doit-elle être engagée ou interrompue lorsque le risque pour les tiers devient critique ? Les conclusions de l’IGPN et les suites judiciaires décidées par le parquet de Versailles permettront de déterminer si les policiers ont agi dans le respect des procédures. En attendant, une famille est en deuil et une communauté sous le choc, rappelant que derrière chaque refus d’obtempérer se trouvent des civils qui n’ont rien demandé.










