📌 Sèche-linge : le Royaume-Uni interdit les modèles classiques dès 2027
Posted 2 mai 2026 by: Admin
À partir du 19 janvier 2027, les sèche-linge traditionnels à air pulsé, à condensation ou au gaz ne pourront plus être vendus neufs au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a officialisé cette interdiction par un règlement entré en vigueur le 10 avril 2026, dans le cadre de sa stratégie de réduction des émissions de carbone. Une décision qui fait débat outre-Manche — mais qui, en Europe et en France, est déjà largement en marche.
En bref
- —Vente de sèche-linge classiques interdite au Royaume-Uni dès janvier 2027
- —Les pompes à chaleur consomment jusqu’à 3 fois moins d’électricité
- —En France, les modèles traditionnels ont déjà disparu des rayons
Une loi officielle, une date butoir : janvier 2027
Le texte législatif en question s’intitule Ecodesign for Energy-Related Products and Energy Information (Household Tumble Dryers) Regulations 2026, référencé SI 2026/318. Entré en vigueur le 10 avril 2026, il prévoit une période de transition de dix mois, laissant aux distributeurs le temps d’écouler leurs stocks.

Concrètement, à compter du 19 janvier 2027, trois technologies sont visées : les sèche-linge à air pulsé, les modèles à condensation, et les appareils fonctionnant au gaz. Seuls les sèche-linge à pompe à chaleur satisfaisant au nouvel Energy Efficiency Index (EEI) inférieur à 85 resteront autorisés à la commercialisation.
Le texte ne touche pas aux appareils déjà en circulation : les propriétaires de modèles traditionnels pourront continuer à les utiliser, les faire réparer ou les revendre d’occasion. La réforme cible uniquement la mise sur le marché de produits neufs.
Écoconception : une politique européenne de long terme
Depuis le début des années 2000, l’Union européenne impose progressivement des normes d’écoconception aux appareils électroménagers dans le but de réduire leur consommation d’énergie et leur impact environnemental. Les sèche-linge s’inscrivent dans cette dynamique, aux côtés des ampoules, des téléviseurs ou des lave-linge. La directive européenne sur l’écoconception fixe des seuils de performance que les fabricants doivent respecter pour commercialiser leurs produits sur le marché commun.
Les pompes à chaleur : une technologie trois fois plus sobre
La différence technique entre les deux générations d’appareils est fondamentale. Là où un sèche-linge classique utilise une résistance chauffante pour éliminer l’humidité du linge — en évacuant cette chaleur vers l’extérieur —, le modèle à pompe à chaleur recycle l’air chaud à l’intérieur de l’appareil. Il fonctionne à des températures plus basses, autour de 50 degrés Celsius, ce qui ménage également davantage les fibres textiles.

Cette sobriété énergétique se traduit directement sur la facture : les pompes à chaleur consomment jusqu’à trois fois moins d’électricité que leurs homologues traditionnels. Sur vingt ans de durée de vie, le gouvernement britannique chiffre les économies réalisées à près de 1 000 livres sterling, soit environ 1 160 euros.
Pour accompagner cette transition, les nouvelles règles imposent un étiquetage obligatoire sur une échelle de A à G, ainsi qu’un mode éco activé par défaut sur tous les modèles commercialisés. L’objectif est de rendre la performance énergétique de l’appareil lisible au premier coup d’œil pour le consommateur.
Prix, libertés, sécurité : une réforme vivement contestée
La réforme n’a pas tardé à susciter une vive opposition au sein de la classe politique britannique. Claire Coutinho, figure du Parti conservateur, a dénoncé «un niveau de contrôle digne de l’Union soviétique». De son côté, Richard Tice a qualifié la mesure de «pure folie», avançant deux arguments : le prix d’achat plus élevé des modèles à pompe à chaleur, et ce qu’il présente comme un risque d’incendie lié à ces appareils.

Au-delà des postures politiques, une question concrète s’impose : celle de l’accessibilité financière. Un sèche-linge à pompe à chaleur coûte sensiblement plus cher à l’achat qu’un modèle classique. Pour les ménages aux revenus modestes, cet investissement initial peut représenter un frein réel, même si les économies réalisées sur la durée de vie de l’appareil sont censées compenser la différence.
Le gouvernement, de son côté, maintient le cap. Il fait valoir que la transition s’inscrit dans les engagements climatiques du Royaume-Uni, et que le gain financier sur vingt ans justifie pleinement la hausse du prix d’achat. Le débat entre contrainte réglementaire et liberté de consommation reste, lui, largement ouvert.
La France, déjà en transition sans le dire
Si la décision britannique peut sembler radicale, elle ne fait qu’accélérer formellement une mutation déjà bien engagée sur le continent. Au sein de l’Union européenne, une réforme similaire — quoique moins explicitement formulée — est déjà en vigueur depuis plusieurs mois.

Depuis le 1er juillet 2025, une nouvelle étiquette énergie à l’échelle A à G est obligatoire sur tous les sèche-linge vendus dans l’UE. Cette révision des normes n’est pas anodine : les modèles classiques à résistance chauffante, classés F ou G, ne peuvent plus être mis sur le marché européen. Seuls les appareils à pompe à chaleur parviennent à atteindre les classes supérieures désormais exigées.
En France, la transition s’est opérée en douceur. Les distributeurs disposaient d’un délai pour écouler leurs anciens stocks, arrivé à expiration fin mars 2026. Depuis lors, les rayons des grandes surfaces et des boutiques d’électroménager ne proposent plus, en pratique, que des sèche-linge à pompe à chaleur. Sans interdiction explicite, sans grand débat public, la page des modèles traditionnels est déjà tournée.
La décision britannique a le mérite de la clarté : elle fixe une date, nomme les technologies concernées et trace une trajectoire sans ambiguïté. En Europe, la même transformation s’est opérée par capillarité réglementaire, sans grand discours. Dans les deux cas, le résultat est identique — les sèche-linge à résistance disparaissent du marché. Pour les consommateurs, l’enjeu est désormais celui de la transition : accepter un investissement initial plus élevé pour réduire sa consommation électrique sur le long terme. Un calcul que les pouvoirs publics, des deux côtés de la Manche, ont déjà tranché à leur place.










